Déchetterie

Déchetterie de Camares

lundi:                          7h45 à 12h00

mercredi:                13h30 à 17h30

vendredi :               13h30 à 17h30

samedi:                   8h00 à 12hOO

1er octobre au 31 mai: 1er samedi du mois

1er juin au 30 septembre: 1er et 3ème samedi du mois

Conseil municipal

 

Maire de Mélagues:
Eloi ALBET

Maire adjoint: 
Cédric GASTINES

Conseillers municipaux:

  • Mylène RAMONDENC
  • Laury RUIZ
  • Sylvain MANIBAL
  • Elsa RIVEMALE
  • Axel PRUNIER

Histoire

On peut considérer que Mélagues connaît son apogée durant le XIXème siècle. A l’époque, la commune englobait les villages de Tauriac et Arnac séparés en 1872 et comptait environ 2000 habitants.

melagues-passage-du-boucher Les commerces foisonnaient également avec pas moins de trois hôtels-restaurants, deux laiteries mais aussi des commerçants ambulants (deux épiciers, un boucher, deux boulangers et un marchand de fruits et légumes). La commune avait son propre prêtre qui dirigeait les offices ainsi qu’une école avec une classe de garçons et une de filles. La fonction religieuse rythmait la vie du village, notamment avec la messe du dimanche.
Les exploitations agricoles étaient environ au nombre de trente. Elles étaient assez petites et pouvaient s’étendre sur une dizaine d’hectares avec un petit troupeau de brebis, un lopin de terre, un jardin potager auxquels venaient s’annexer les terrains communaux.

Les machines agricoles étaient encore rudimentaires. On utilisait la faux pour le melagues-ramassage-du-foin-a-la-fourchefoin, la faucille pour les céréales et on battait le grain avec un fléau. Les travaux étaient assistés par un attelage de bœufs ou de vaches. Par exemple, la ferme de Marcou était considérée comme relativement grande puisqu’elle s’étendait sur une trentaine d’hectares, sans compter les terrains communaux et le bois. De plus, elle comptait un troupeau de vaches, et un de brebis, autre preuve de richesse.

Pour les travaux exigeant une importante main d’œuvre comme la fenaison ou le battage, on faisait appel à des journaliers qui venaient de petits villages du nord de l’Hérault. On les payait rarement en argent. En échange de leur travail, ils se voyaient offrir quelques sacs de blé ou de pommes de terre.

Cette économie de troc avec l’Hérault s’effectuait aussi pour les produits agricoles de la montagne que l’on échangeait contre le vin ou le charbon du bassin houiller de Graissessac. En effet, les rapports marchands étaient beaucoup moins fréquents qu’aujourd’hui.

Cyber-base

La Cyber-base sera fermée du 24 février jusqu’au 10 mars 2026

Depuis 1999, la mairie de Mélagues abrite la Cyber-base qui offre aux habitants et aux gens de passage un accès à Internet ainsi qu’à de nombreux programmes informatiques.

La Cyber-base vous offre :

  • internet
  • imprimer, copier,
  • photos : imprimer, retoucher, scanner, numérisation à partir des phototypes
  • plastifier
  • bibliothèque gratuite (pièce d’identité nécessaire)
  • vente des guides de randonnées, cartes postales, calendrier

Prix d’internet

  • 1€ de l’heure (pièce d’identité nécessaire)
  • gratuit pour les propriétaires des maisons à Mélagues

cyber-base Les horaires :

mardi    9 h – 12 h

vendredi      14 h – 17 h

05.65.99.54.10      mairie.melagues@orange.fr

Nouvelles

Nouvelles de Mélagues, mars 2026

Sérénité

C’est avec les paroles de cette chanson italienne que je commence la rédaction du dernier numéro des Nouvelles dont je suis responsable:

Sereno è (O sénénité)

Rimanere al letto ancora un po (Rester au lit encore un peu)

E sentirti giù in cucina che (Et t’entendre à la cuisine en bas)

Là prepari il mio caffè (Où tu prépares mon café)

E far finta di dormire… (Et faire semblant de dormir…)

L’interprète s’appelle Drupi (un pseudonyme). Sa mélopée au rythme envoûtant a souvent alimenté mes moments de rêve mi-éveillé. C’est une ambiance qui accompagne parfaitement les heures matinales du premier dimanche d’après mes 43 ans de mairie, c’est à dire 516 mois, et 15695 jours. Je vous fais grâce des années bissextiles ! Aussi, ce matin, je me sens infiniment soulagé. A Mélagues, 7 nouveaux élus ont pris le relais, dont 3 appartenaient à l’équipe sortante. Le nouveau maire était mon adjoint. Il a eu le temps de s’initier aux affaires. La parité masculin-féminin, nous l’avions déjà : elle était le reflet des disponibilités du moment. La jeune équipe, j’en suis persuadé, trouvera rapidement son équilibre fonctionnel.

En somme, elle renouvelle ce qui s’était produit en 1977, lors de mon arrivée à la mairie : une majorité de jeunes, encadrés par l’expérience de plusieurs anciens. Et l’osmose avait bien fonctionné. Mon soulagement de ce matin vient de ce renouvellement harmonieux : car, par les temps qui courent, il n’est rien de plus important que de conserver son autonomie de décision, et son indépendance. Il faut que les communes, même les plus modestes, gardent leur marge de manœuvre. Car elles ont la charge d’administrer à la fois une population et un territoire. Et le service qu’elles rendent au pays à ce titre n’est pas suffisamment reconnu ni aidé. Je reprends à mon compte la remarque de Natacha Polony dans l’hebdomadaire Marianne du 19 au 25 mars : « Ces élections municipales auraient pu être l’occasion de réfléchir au moyen de rendre aux maires et aux élus locaux les marges de manœuvre qui leur ont été peu à peu retirées ». Constat sans appel, et occasion manquée. Une fois de plus !

D’ailleurs, la première remarque à faire, c’est que les nouvelles règles du mode d’élection illustrent le « fait du prince ». Je reprends le texte déjà cité : «  Pas de débat, pas de choix. Pourquoi ? Parce que, pour garantir cette stricte parité, le nouveau mode de scrutin a supprimé la possibilité de rayer des noms et d’en rajouter. Quel intérêt que ce panachage ? Il permettait d’avoir plusieurs listes dans des petits villages et de les fusionner selon la volonté des citoyens. Bref, il permettait à la démocratie de s’exercer ».

Il faut aussi remarquer que cette possibilité de fusion reste ouverte dans les villes. Et que devient, dans ce cas, l’exigence de parité ? Comme je l’avais évoqué dans un numéro antérieur (mieux vaut rire de la bêtise que la cautionner en silence), est-il prévu que l’un des deux « fusionnables » en surnombre, pour satisfaire au maintien de la parité, puisse changer de sexe, du moins jusqu’à la fin de son mandat ?

Les municipales chez nous

Vous êtes probablement saturés des analyses de l’armada des « spécialistes » médiatiques, qui se veulent tous aussi omniscients que Pic de la Mirandole, lequel se revendiquait compétent « de omni re scibili », à quoi les plaisantins ne manquent pas d’ajouter « et quibusdam aliis » ( de toute chose connaissable… et de quelques autres). Aucune surprise à relever dans les communes voisines. Mes félicitations les plus chaleureuses sont pour l’équipe de Guy Sales, à Arnac-sur-Dourdou, qui n’a dû concéder qu’une seule élue à la liste concurrente.

A Brusque, la mairie a été nettoyée « du sol au plafond », par la liste de Jean-François Majorel, lequel aura fort à faire pour relancer la vitalité de cette commune qui m’est chère. Mes vœux ardents les accompagnent. Ils y parviendront !

A Mélagues, nous avons recensé neuf votes blancs ou nuls : une enveloppe vide, un bulletin blanc, et 7 bulletins comportant des candidats rayés ; les féminines ont fait le plein ; la majorité des masculins étaient affectés d’une rayure sur les 3 sortants du conseil précédent. D’où l’annulation des 7 votes, ceux des candidats ayant déjà une expérience de la gestion communale. Aucune explication à ce choix négatif. Je n’ai qu’une hypothèse, très fragile. Ces électeurs ont-il voulu nous dire : « Tant qu’à faire, il faut un changement complet » ? Ou alors, est-ce une revendication féminine : « Nous voulons être mieux représentées » ? Mais la liste sortante était déjà paritaire. Alors, à quoi rime cette manifestation ? Avons-nous, à Mélagues, des crypto-insoumises ? Chi lo sà ? (Qui le sait) ?

Les socialistes

Toujours égaux à eux-mêmes ! La déliquescence de ce parti, et la duplicité de ses dirigeants, fait peine à voir ! Les résultats du second tour leur donnent une belle leçon ! Certes, ils ont remporté un certain nombre de villes. Mais ils en ont perdu d’autres, dont Toulouse, parce qu’ils n’ont pas unanimement appliqué la conduite qui s’imposait : ne pas conclure d’accord avec la « France insoumise ». Les électeurs – et ce n’est pas la première fois- y voient plus clair que les politiciens. Cela servira-t-il de leçon aux socialistes ?

J’ai une raison personnelle d’en douter. Elle est ancienne, mais ne se dément pas. En 1981, j’ai été candidat au Conseil général. Mon adversaire d’alors était Emile Castan, déjà réélu plusieurs fois. Ma candidature avait éveillé l’attention des socialistes aveyronnais, qui m’avaient proposé de venir me soutenir à Camarès, lors de ma dernière réunion publique. Le moment arrivé, les éminences ruthénoises me font savoir qu’elles ne viendront pas. Un moment après, les millavois se décommandent aussi. Je ne leur avais rien demandé. Je n’ai pas été élu -mais leur appui n’aurait rien changé. Ils m’avaient proposé de prendre ma carte au parti. Je ne l’avais pas fait. Dès lors, j’ai décidé que je ne la prendrais jamais. Au fil des années, je n’ai eu que des occasions de me féliciter de cette sage décision ! Et je suis resté à gauche, mais sans parti.

Les socialistes ne sont pas les seuls à avoir connu cette dérive. Aujourd’hui, les engagements politiques sincères ne sont plus de mise. Les partis ne sont plus que des syndicats carriéristes. Et leurs idées sont décaties.

A l’exception de la France dite « insoumise », devenue la groupie d’un aventurier de la politique, poursuivant des objectifs aussi malsains que le fascisme. Par respect pour un passé honorable, on hésite à le rapprocher de ces groupuscules des années 30, qui multipliaient les coups de force contre la république. Pourtant, les ressemblances sont évidentes, et c’est un pouvoir dictatorial qui serait au bout du chemin.

Et de l’autre côté…

… il y a le Front national ! Oui, je persiste à refuser d’appeler « rassemblement » un parti qui est le plus grand diviseur du peuple français. Je ne prends pas les vessies pour des lanternes, ni Bardella pour un écrivain, bien qu’il produise des objets qui, de l’extérieur, ressemblent à des livres…

Ce ramassis de nervis, parmi lesquels essaient de surnager quelques pseudo-intellectuels dévoyés, et probablement, hélas, quelques gens sincères, est bien incapable de formaliser une proposition sensée, voire une idée neuve. Il recycle tant bien que mal quelques vieilles recettes éculées, ravaudées et rapetassées, et … ne sait toujours pas compter ! La prise de pouvoir les aguiche… mais les effraie, car ils savent bien qu’ils seraient incapables de gouverner. Pour moi, le modèle qu-ils ont réussi à phagocyter est l’inénarrable Ciotti, qui aurait, plutôt qu’à Nice, sa vraie place sur la Croisette, à Cannes, parmi les comiques d’un film muet américain ! Laurel et Hardy, par exemple…

Il faut pourtant les prendre au sérieux, car, purgés de temps à autre de leurs spécimens infréquentables, leurs propositions de « café du commerce » peuvent séduire les esprits simples, faciles à emberlificoter, ayant du mal à démêler le vrai du faux. Je crains beaucoup, pour notre pays et notre époque, l’avènement de la « génération Tik Tok ». Qu’en sera-t-il du monde, quand ceux qui le gouvernent ressembleront à Donald Trump ? Les Poutine de ce moment auront beau jeu de prendre le dessus !

Un dimanche sans la campagne

C’est celui que j’ai passé, le 22 février, à la gendarmerie de St-Affrique, accusé par l’alors mairesse de Brusque de l’avoir diffamée dans les  Nouvelles . Décidément, on n’a jamais fini de découvrir les gens.

Je suis donc convoqué, ce dimanche-là, à 15h30. Et je m’y rends, l’esprit paisible, avec un petit dossier, comportant l’exemplaire du journal en question , et la copie du sens du mot « diffamation », vérifié dans deux dictionnaires fiables, le Larousse et le Robert. D’ordinaire, je me fie plus au Robert, mais en l’espèce, les deux définitions sont identiques : la diffamation, c’est une attaque visant une personne, portant atteinte à sa réputation. En aucun cas, cela ne concerne l’appréciation d’une action politique (encore moins quand cette action est une inaction!).

Je suis reçu par une gendarmette souriante, officier de police judiciaire. Comme moi, car tous les maires sont O.P.J. dans leur commune. Elle jette un œil à mon dossier, et s’exclame : « mais où est le délit ? Exprimer une opinion n’est pas interdit par la loi ! » Elle s’apprête à prendre ma déclaration. Mais l’ordinateur du bureau où elle m’a reçu refuse de se mettre en route. Comme si la machine avait décidé que l’histoire n’en valait pas la peine ! Il est de ces coïncidences révélatrices, où même l’inanimé réagit à nos impulsions ! Nous changeons de bureau. Cet ordinateur fonctionne. Elle prend ma déposition, en m’aidant à trouver des formules qui sont plus éloquentes que les miennes. Par exemple, je viens de dire que j’aurais pu déposer plainte pour dénonciation calomnieuse ; et elle ajoute : «  … mais il faut que cette plaisanterie s’arrête ! ». Bien sûr, j’approuve. Et ainsi de suite. La déposition terminée, je signe sans hésiter le résultat de notre construction en commun !

Terminé ! Je serre la main de ma jeune collègue (O.P.J.). Le temps est magnifique. Je prends le chemin du retour à l’allure d’un touriste content. J’ai passé une excellente après-midi ! Merci à ma d énonciatrice.

Entre nous

Quelques jours après, au pied de l’escalier de pierre, s’improvise un « entre-chats », cette conversation féline que mes trois matous ont avec moi. Comme des collégiens, ils revendiquant à propos de leurs horaires de sortie. C’est la jeune Tatou qui commence :

  • Tu vois, le temps est assez beau, les jours allongent et tu nous demandes toujours de rentrer à 18 heures.

Je lui réponds que j’ai entendu, mais qu’il faut consulter les deux autres. Je compte sur la sagesse de Minette, la plus âgée. Mais elle me surprend :

  • Moi, qui suis chatte de gouttière, j’ai toujours aimé sortir le soir. Mais maintenant que j’ai vieilli, cela me modère.

Alors Gus, du poids de ses huit kilos, rétorque :

  • L’après-midi, moi, je fais la sieste. Je sors un peu avant le coucher du soleil, mais je ne m’attarde pas trop.

Ils ont tous parlé. Aucune opinion dominante. Comment faire la synthèse ? La plus difficile à convaincre va être la plus jeune : Tatou. Évidemment, les jeunes de son âge veulent sortir le soir. Et Tatou, en outre, est issue d’une famille qui vivait dans les bois. Tout compte fait, il semble que les deux plus grands soient les plus raisonnables. Alors, un compromis ?

  • Bon, Tatou ! Quand il fera beau, tu pourras rentrer plus tard. Mais à une condition : quand je t’appelle, tu rappliques !

Je m’attends à ce qu’elle réponde :

  • C’est ce que je fais déjà !

Mais elle réplique :

  • Bon, d’accord. Mais la permission sera plus large pour l’été !

La fine négociatrice ! Elle m’accorde ce qu’elle a déjà gagné par une action préventive qui n’est pas constante (car je ne l’appelle pas tous les jours!). Bien joué ! C’est sacrifier le détail pour gagner l’essentiel… Je ne crois pas que Donald Trump en soit capable…

Pourquoi j’arrête « les Nouvelles »

Oh ! Pour des raisons évidentes. Il y en a trois !

a. parce que n’étant plus maire, je n’aurai plus le même accès aux événements de la région ;

b. parce que j’ai pris la décision d’éviter toute ingérence, ni directe, ni indirecte, avec la nouvelle équipe municipale. C’est à elle d’organiser sa propre communication, à la façon dont elle le souhaite ;

c. parce que, même par inadvertance, je ne veux ni donner des conseils, ni émettre de critiques à l’égard de qui que ce soit ;

Je prends donc une retraite totale. Mais bien entendu, je conserve mes prérogatives de simple

citoyen. Si l’envie de m’exprimer me titille un jour ou l’autre, je le ferai sous forme d’un livre (oui, comme Bardella ! Tout bon exemple doit être imité. D’où qu’il vienne!).

Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Intéressante particularité de la commune : ses 3 derniers maires sont issus de couples mixtes France – autre pays :

  • Jean Milési, de père italien
  • Henri Ramondenc, de mère polonaise
  • Eloi Albet, de père marocain

Cette richesse personnelle et familiale favorise l’ouverture d’esprit de la commune, et contribue à sa spécificité. C’est une vraie chance, dans un monde multipolaire, où « l’esprit souffle où il veut ».

Dans les années 30 à 50, la commune a hébergé des habitants venus de toute l’Europe de l’est, d’Italie et même d’Allemagne. Elle a été longtemps le refuge (à Marcou, puis à Bobes) d’un « Russe blanc » – Pierre Kurkoff – qui appartenait à une famille aristocratique de la Russie pré-révolutionnaire.

Autour de 1950, sont arrivés d’Algérie des ouvriers qui ont ouvert, à la pioche, le C.D.52 entre Mélagues et le Col de la Font, limite de l’Hérault. C’est sur cette route qu’a été mis en œuvre, par l’entreprise Gineste de St-Affrique la première pelle mécanique du Sud-Aveyron, en 1948. Prévue dès les années 40, cette liaison avec l’Hérault (Graissessac – Bédarieux) n’a été ouverte qu’en 1950. Il a encore fallu des années pour que la piste tracée par les Algériens soit empierrée puis goudronnée !

Nos disparus

Plusieurs de nos amis, de Mélagues et des environs, nous ont quittés ces dernières semaines.

Robert Rouquette, d’une famille bien connue de commerçants brusquois, a été inhumé à Brusque le samedi 21 février. Avec ses frères et sa mère, très tôt devenue veuve, il avait fortement contribué au développement de l’épicerie de Brusque, devenue aujourd’hui la supérette de Vincent. Puis Robert s’était installé à Caussade, où il avait développé un commerce de grossiste en fruits et légumes. On ne le voyait plus très souvent à Brusque, où il a choisi, revenant à ses origines, d’établir sa dernière demeure. Je garde le souvenir de nos premières années, au pensionnat St -Thomas, où il avait été un camarade souriant et sympathique.

Le mercredi 25 février,à Tauriac de Camarès, c’est notre ami Christian Rouquette (sans parenté avec Robert) qui a été inhumé dans le petit cimetière communal. La famille m’a demandé de le saluer au nom de tous, lors de ses obsèques. Voici les paroles qu’à ce titre je lui ai adressées.

Chers amis,

Le chemin de vie de chacun de nous est pavé de beaucoup d’épreuves, différentes pour chacun. Au-delà du mystère qui enveloppe toute vie, l’objectif est le même : nous aider à atteindre les étoiles ! Mais celui qui trace la ligne de nos modestes existences nous donne aussi, à l’arrivée, la récompense suprême que nous avons acquise : notre place auprès de Lui, et de ceux qui nous ont précédés et nous attendent. C’est ce que la tradition chrétienne appelle la communion des saints. Cette appellation n’est pas une figure de style : c’est la réalité ultime de nos vies, celle qui justifie notre passage sur la terre. Elle est promise à chacun de nous. Sinon, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue.

Nous sommes réunis pour partager notre douleur devant le décès de Christian, un être que nous avons tous aimé, chacun à sa façon, et nous sommes malheureux. Mais ne nous désespérons pas, car Christian est toujours vivant ; le meilleur de son être a gagné son séjour définitif : il est dans les étoiles ! Je crois, et qui plus est, je sais qu’il est en ce moment parmi nous, qu’il nous voit, qu’il nous entend, qu’il est heureux de notre présence et qu’il nous aime. Aussi, je vais lui parler directement, devant vous, pour évoquer quelques-uns des souvenirs que nous avons partagés.

Te souviens-tu Christian ? Je t’ai connu lorsque tu as été notre facteur, à Mélagues. Je te vois encore arriver à la maison, discrètement, avec un sourire timide, et nous annoncer ta prise de fonction. Nous en étions tous ravis : l’arrivée d’un jeune facteur de chez nous, sympathique et attentif, était pour nous, éloignés du monde urbain comme nous le sommes, un événement heureux.

En mars 1977, lors des élections municipales, nous étions tous les deux candidats : toi à Tauriac, moi à Mélagues. Nous fûmes l’un et l’autre élus, ce qui nous donna, pendant cette période, maintes occasions de nous rencontrer. Et c’était parfois surprenant ! Je suis sûr que tu n’as pas oublié, en 1981, ce banquet officiel des maires de l’Aveyron, à Rodez, auquel Jean Puech, président du conseil général, avait invité tous les élus du Département. Tu étais le plus jeune des maires, ce qui te valut d’être à la table d’honneur, commensal du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. Après le repas tu avais bien voulu satisfaire notre curiosité à propos de Giscard, dont tu avais esquissé ce portrait lapidaire : « il parle tout le temps, et il a repris deux fois de l’aligot ». Ce qui était vérifiable en toute occasion !

C’est aussi pendant cette période que ta commune et la mienne avaient coopéré pour apporter la télévision à nos administrés, au moyen d’une installation par câble que nous avions réalisée nous-mêmes, maires en tête, avec les bénévoles des deux communes, car nous pensions que nos administrés, aussi démunis qu’ils fussent, avaient le même droit que tous les Français à être desservis par les médias de la nation.

Après ce premier mandat, tu fus réélu pour un deuxième, car la population de Tauriac avait su apprécier ton action et ton dévouement.

Pour ma part, à l’automne 1981 – le mandat n’était pas terminé -, je suis parti pour le Maroc, afin de réaliser le vieux rêve d’une expérience d’enseignement en pays étranger. Lorsque je te l’ai appris, cher Christian, tu as peut-être oublié la réflexion que tu m’avais faite : tu m’avais dit : « Tu reviendras », mais avec une conviction qui relevait de la certitude. Tu étais sûr de toi, beaucoup plus que moi, qui n’avais pas prévu de terme à mon projet. Tu avais raison ! Et les jours de mélancolie, cette assurance m’a souvent permis de retrouver une vision optimiste des choses ! Merci du bien que tu m’as fait, sans même le savoir !

Voilà, cher Christian, ce que je voulais te dire. J’ai vécu avec tristesse l’évolution de ta santé, de ta souffrance. Ton départ est pour toi l’entrée dans une paix absolue et définitive. Là où tu es, le temps ne compte pas ! Nous allons adresser à Celui qui t’a accueilli nos prières ferventes pour qu’il t’aide à prendre la place qui te revient auprès de lui. Nous faisons une confiance totale au Dieu de miséricorde et d’amour. Aide-nous à franchir les étapes difficiles qui nous restent, car tu es notre intercesseur. Je pense très fort à toi, et je t’embrasse. Non, Christian, ce n’est pas un adieu… non, ce n’est pas un adieu !

Un autre deuil nous attendait à Lacaune, le lendemain, jeudi 26 février ; lors des obsèques de Colette Ramondenc, née à Cayourtes. Habitant à Lacaune,où elle s’était mariée, mais devenue veuve, et vivant seule, elle avait été, au bout d’un ou deux jours, trouvée décédée dans sa maison. J’étais présent lors de ses obsèques, parmi ses nombreux amis et sa famille. Lors de l’office, les paroles de miséricorde du prêtre célébrant ont su exprimer toute la foi des fidèles en la permanence de la vie. Colette était une lectrice assidue des  Nouvelles  : la semaine précédant son décès, elle m’avait écrit un mot de remerciement et de sympathie, qui m’ était allé droit au cœur. J’adresse à tous les parents et amis affectés par les disparitions (et j’en fais partie), l’assurance que je partage leur peine, et la conviction profonde que le ciel leur est ouvert.

La météo

Janvier, février et mars nous ont fait passer par toutes les phases de l’hiver. Au total, nous avons subi soixante jours de pluie, presque continue. Soit un déluge et demi, car le déluge biblique n’a duré que 40 jours !

Enfin, depuis une semaine, les signes du printemps sont là ! Les jonquilles, enfin, redressent la tête ; les pâquerettes s’épanouissent ; les soleils d’or des autres fleurs mirent leur tête dans le soleil revenu. La nuit, les températures restent frisquettes. Mais nous avons de belles journées. L’harmonie du monde persiste encore, avec une vaillance inespérée,à préserver l’équilibre de nos saisons tempérées. La nature, en ce moment, est beaucoup plus sage, plus fiable que l’être humain, que les Trump et les Poutine qui bombardent à tour de bras : quel saccage, et quelle hantise pour l’humanité ! Organise-t-elle, par étapes rapprochées, le début de sa destruction ? Ne cherchons pas l’enfer au plus profond des limbes, car il est au fond de l’âme humaine…

Je tire ma révérence

On dit qu’en France, tout finit par des chansons. C’est une élégante façon de conclure ces douze ans de confection et de diffusion des Nouvelles. Il y faut une chanson douce, dont la mélancolie délicate ne ferme aucune porte. Alors, terminons par cette chanson pleine de tendresse des années 30, interprétée par Jean Sablon, le premier chanteur à se servir d’un micro ! Signe des temps qui changent, mais de l’éternité qu’apporte la technique à l’expression des sentiments :

Je tire ma révérence

Et m’en vais au hasard

Par les routes de France

De France et de Navarre

Mais je vous dis quand même

Simplement je vous aime

Hier comme demain

Aujourd’hui et nos lendemains !

p.s. J’ai un peu adapté les paroles !

Au revoir ! Je vous embrasse…

Jean Milési

P.S. Je retravaille la liste des articles qui vous seront proposés, classés par thèmes, et envoyés sur demande. Vous la recevrez la semaine prochaine : « c’est pour mieux vous servir, chers lecteurs », vous dirait la pub, si nous en faisions !

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La tempête

La tempête Nils nous a vraiment fait faire un bond dans le passé ! Après une nuit terrifiante, nous avons enfin réalisé l’ampleur des dégâts. Heureusement, aucun arbre n’est tombé sur notre maison, mais la route était bloquée par des dizaines d’arbres abattus. Maintenant, nous vivons à la campagne, dans les montagnes, et les agriculteurs se sont immédiatement mis au travail. Dès le lendemain, la route était de nouveau praticable des deux côtés, les câbles téléphoniques endommagés ont été soigneusement fixés le long du chemin, et nous avons pu retrouver la civilisation. Car, bien sûr, nous sommes aussi privés d’électricité : les gros câbles ont cassé comme des allumettes. Nous sommes donc plongés dans le noir : au lit tôt et au lever tard. Je me suis installée dans un petit gîte confortable avec un simple poêle à bois. Quel bonheur ! Bien au chaud sous ma couette épaisse sur la mezzanine, je pense au temps où eux aussi vivaient sans électricité. Ou aux gens des zones de guerre : quel privilège nous avons ! Car nous avons l’eau courante froide, des toilettes à l’intérieur et un groupe électrogène que l’on peut parfois mettre en marche pour maintenir le congélateur au frais. Je trouve enrichissant de vivre ainsi pendant un certain temps.

Le troisième jour sans électricité, la lumière revenait par intermittence. Tiens, c’est notre tour et Enedis s’en occupe. Et quand quelque chose a été débranché après notre maison, là où les câbles sont coupés, la lumière est restée allumée ! Youpi ! Une tasse de café pour fêter ça. Mais c’était tellement étrange que je m’y étais déjà habituée : j’aurais juste voulu le refaire à la main ! C’était une belle expérience, d’être sans électricité comme ça. On est habitués aux petites coupures, mais cette période, en hiver alors qu’il pleut, était particulière. Tout le monde a travaillé dur pour résoudre ces problèmes.

Dorine