Les Nouvelles de Mélagues – Octobre 2020

En guise d’éditorial
Ce numéro, chers lecteurs et néanmoins amis, vous paraîtra moins consensuel que d’habitude.
Que voulez-vous, j’ai aussi ma composante de cet esprit français qui fait que nous
sommes considérés (à juste titre!) comme un peuple râleur ! Nous avons même des « journalistes »
spécialisés pour faire « mousser » le mécontentement, et lui donner surabondamment la parole, à
micro ouvert et caméra complice. Sans parler des réseaux « sociaux » qui nous font douter tous les
jours que nous ayons pu être regardés comme un peuple intelligent.. Si cela fut vrai quelquefois, il y
a bien longtemps !
Je n’irai pas jusqu’à ces extrémités. Je me contenterai de développer deux points de
désaccord actuels avec notre politique communautaire. Vous verrez que j’ai des arguments. Au
demeurant, les conversations que j’ai pu échanger avec certains de mes collègues maires me font
entendre que je ne suis pas le seul de mon avis. C’est plutôt rassurant.
La météo
Mais je vais commencer par une rubrique plus consensuelle (encore que …) :
l’observation du temps qu’il a fait. Plus facile, semble-t-il, que de prévoir le temps qu’il fera.
Octobre, premier mois de l’automne. Il a fallu attendre les derniers jours pour bénéficier
d’un peu de pluie, alors que deux épisodes méditerranéens, l’un cévenol, l’autre alpin, se sont
déchaînés sur les terres du Sud. Même si nos compatriotes ont été victimes de véritables tornades,
notre région du saint- affricain reste déficitaire : un mois d’août sans orage, septembre presque sec,
et octobre très chichement arrosé. Toutes ces observations confirment que nous évoluons assez
rapidement vers un climat en voie de tropicalisation. Nous avons déjà perdu ce qui était la marque
de notre modération climatique : la différence nette entre les saisons, et le retour régulier des mêmes
épisodes aux mêmes dates. Ce qui est préjudiciable aux pratiques agricoles (par exemple, les labours
d’automne sans pluie dans le Rougier), et à la vie biologique de la nature (un hiver sans froidure
favorise la prolifération des insectes l’été suivant). Ce qui est peut-être encore plus inquiétant, c’est
l’affaiblissement des forêts tempérées, et la nécessité d’introduire plus au nord des espèces jusqu’ici
endémiques dans le sud. C’est vrai pour les arbres, mais aussi pour l’ensemble des cultures.
A titre d’exemple, l’Angleterre va devenir un pays vinicole, et les vins de chez nous vont
se charger en alcool : le travail de sélection de nouveaux cépages n’est pas sans limites.
Quant à nos écologistes politiques, leur principale préoccupation, c’est de devenir tous, à minima,
président de la République. Une seule m’avait apporté un semblant de conviction : c’était Delphine Batho, que
j’avais entendue tenir un discours à la fois vibrant et crédible, lors d’une journée nationale des Parcs naturels, qui
se tenait en Provence. Les autres … oui, même celui d’Ushuaïa : ce qu’il a fait de mieux, c’est sa démission !
Juste un mot sur nos pseudo-écologistes locaux, ceux qui sont les inspirateurs de la gouvernance du
Parc, et dont l’influence est très sensible au Conseil départemental. Leur meilleure proposition, c’est de
consommer sur place l’énergie produite par les éoliennes aveyronnaises. C’est dire le niveau de réflexion ! Les
éleveurs de Lacaune n’ont plus qu’à déguster tout le jambon qu’il préparent, et les vignerons de l’Hérault, qu’à
boire tout leur vin ! Grâce aux appareils auditifs, il ne vaut même pas mieux d’entendre cela que d’être sourd !

Après cette « mise en bouche », j’en viens maintenant à nos deux points de controverse.
Le Plan
1/ « Une ardente obligation » : c’était le slogan utilisé dans les années 50, quand il s’agissait de
reconstruire la nation. Celle-ci, apparemment, doit avoir besoin d’un sérieux ravalement, puisque nous avons un
nouveau Commissaire au Plan, en la personne de François Bayrou. Espérons que son successeur ne sera pas un
syndic de faillite.
Mais à notre niveau, le plan qui nous occupe, c’est le PLUI. Si j’en crois la façon dont il nous a été
présenté, il revêt les trois caractéristiques principales des plans quinquennaux à la soviétique :
– a) c’est une pure construction intellectuelle, sans rapport avec la réalité,
– b) cette construction relève de ces « chefs-d’œuvre » d’abstraction mathématique dont le Power
Point est coutumier,
– c) ses objectifs annoncés sont totalement irréalisables.
Entendons-nous bien, je ne mets pas en doute le travail de conception de ce bel objet. Sauf que la
méthode relève d’une inversion absolue du processus de connaissance. De toute évidence, appréhender la réalité
de notre territoire n’a même pas été esquissé. Le projet s’appuie sur une totalisation arbitraire, qui n’est même pas
l’addition des diverses réalités communales. Ne parlons pas de leurs différences.
A partir de cette combinaison abstraite, les communes ont été divisées en groupes censés identiques
devant aboutir à des résultats parallèles, en un temps mesuré. Or, aucune commune n’est semblable aux autres.
Les unes ont du foncier, les autres espèrent en acquérir, d’autres n’en n’ont pas. Les unes ont des ressources
importantes, les autres (les plus nombreuses) sont limitées. Peu importe : il faut qu’en un laps de temps donné,
chacune dans son groupe soit capable d’offrir en location un nombre identique de logements. Cela, sans compter
les autres différences : par exemple, l’eau potable en régie ou concédée au privé, l’assainissement terminé ou en
projet, la présence ou l’absence de demandes de locations, la situation géographique, l’emploi, les
communications… Certaines communes font porter leur effort locatif sur l’achat et la rénovation de logements
existants. D’autres préfèrent construire du neuf… Tout cela est à prendre en compte.
On pourrait multiplier les exemples. La seule réponse qui nous est apportées, c’est celle dite du Power
Point (ou d’autre méthode équivalente), autrement dit, la construction sur le sable d’un château en Espagne que la
vague irrésistible de la réalité aura tôt fait de balayer. Car ni en deux ans, ni en cinq, ni en dix, une commune qui
n’a pas pu acquérir de foncier ne parviendra à répondre aux objectifs théoriques.
Le dernier aspect irréaliste, et d’autant plus inacceptable, c’est la manière impérative dont ces objectifs
nous sont présentés. C’est ici qu’on rejoint totalement la méthode soviétique pour laquelle le plan quinquennal
était une obligation. Bien sûr, les objectifs ne sont jamais atteints.
Les philatélistes se souviennent sans doute de ces timbres au large format émis par la poste magyare, où
l’on voyait, lovées dans la boucle d’un énorme chiffre cinq, apologie du rituel plan quinquennal, les
traditionnelles scènes de genre du réalisme socialiste : un combinat métallurgique hérissé de multiples
tuyauteries, un tracteur imposant à la ligne carrée labourant les immenses plaines de la puszta, des paysannes
endimanchées vendangeant au son de l’accordéon les cépages du tokay, des troupeaux de vaches prospères aux
pis gonflés, des « camarades » aux chapeaux de feutre noir haranguant des foules enivrées du bonheur d’être
citoyennes d’un pays si prospère … Les cinéphiles avertis préfèrent évoquer ces films du grand frère soviétique
exaltant l’effort surhumain des mineurs de fond stakhanovistes qui se tuaient au travail pour dépasser la norme.
Tout cela était pure propagande, dont personne n’était dupe, mais tout le monde faisait semblant d’y croire.
Pour ma part, on me prêtera sans doute un esprit parfois mal tourné. Mais je pense que notre idéologie
néo-libérale, qui prétend tout classer, tout organiser, tout standardiser, prolonge par d’autres moyens cet art
consommé de nier les différences, et que son objectif essentiel est de gommer la spécificité du monde rural, pour
mieux le calquer sur une verticalité bureaucratique dont l’unique modèle est la société urbaine, même si on ne
peut pas dire qu’elle soit un exemple de réussite. Au demeurant, prétendre organiser un pays qu’on n’a même pas
fait l’effort d’apprendre à connaître relève, à la limite, de la malhonnêteté intellectuelle. En fin de compte, les
oppositions idéologiques se dissolvent dans une même tentative d’uniformiser des territoires en dépit de leurs
différences, et le néo-libéralisme contemporain n’est pas plus crédible que ne l’était le « réalisme socialiste ». La
seule vraie différence, c’est que ni Staline, ni Béria ne sont plus là pour « normaliser » les récalcitrants. Mais la
bureaucratie omnipotente, pour sa part, est toujours active, et l’échec est aussi au bout de ce chemin fourvoyé.
2/ L’éolien
Le lundi après-midi 12 octobre, la MISAP a invité, au siège de la D.D.T. à Rodez, les promoteurs de la
Société Voltalia à présenter aux services intéressés leur projet éolien sur les crêtes sud de la commune de
Mélagues. Cette présentation n’a rien de décisionnel : elle est l’acte officiel de naissance d’un nouveau projet. La
com’com’ était représentée par son DGS, et la mairie de Mélagues, par son maire.
A l’issue de la présentation, les services de l’Etat n’ont montré aucune virulence. Se sont exprimés contre
le projet le Parc des Grands Causses, en vertu de l’influence délétère des associations pseudo-écologiques qui le
dominent, et la com’com’, dont on se demande quel intérêt la conduit à s’inféoder à la décision du Parc, alors que
la majorité des retombées financières du projet lui écherra. Il faut croire que la logique ne préside pas toujours à
nos décisions, ni même l’intérêt bien compris de notre territoire et de ses habitants – même si pour cela, il faut
que l’Etat ait le courage de faire front aux oppositions systématiques des minus habentes, ceux qui crient le plus
fort, ceux qui ont fait capoter le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, sous prétexte qu’ils en cultivaient
les champs. Faire pousser des carottes sur la terre de Nantes, vous parlez d’un exploit !
Le projet Voltalia sera présenté au public, dès que le Covid nous le permettra. En attentdant, voici le texte
explicatif qui accompagnera l’exposition.
L’histoire de l’énergie éolienne se conjugue avec celle de la civilisation. Depuis que les
hommes ont appris les rudiments des développements technologiques pour démultiplier leurs efforts,
ils se sont évertués à tirer le meilleur parti des énergies naturelles, telles l’eau et le vent, afin de rendre
la Terre habitable, fertile et nourricière pour une population toujours plus nombreuse, mais aussi plus
exigeante en matière d’agrément et de confort.
C’est ainsi que les premières éoliennes, telles qu’on peut encore les voir s’activer dans la
pampa argentine, ont fait surgir à la surface des espaces mis en culture l’eau fertilisante des nappes
souterraines. C’est ainsi que les moulins de Provence, célébrés par Alphonse Daudet, ont suppléé
l’effort des chevaux et des ânes pour faire tourner les lourdes meules actionnées par la générosité du
mistral, afin d’écraser le froment de notre pain quotidien. Parallèlement, les voies maritimes amenaient
les conquérants à la découverte de ces lointains univers qui allaient modeler le nouveau visage de la
« planète bleue ».
L’eau et le vent ! Le cadeau merveilleux de ces énergies toujours recommencées, mises
gratuitement à la disposition de chacun, afin que l’ingéniosité de l’être humain y trouve le loisir et la
liberté d’épanouir le visage souriant de notre Terre, pour le plus grand bonheur de ses habitants.
Tel est bien le propos de la société Voltalia, dans le projet de parc éolien qu’elle
développe sur les crêtes méridionales des Cévennes, entre les cols de Thalis et de Marcou. Espace
prédestiné, s’il en est, où le souffle du nord-ouest (le noroît des marins) se montre d’une fidélité
exemplaire à son couloir préférentiel, où les crêtes, tournant le dos au nord, invitent le regard à
contempler, jusqu’à l’horizon du sud, à l’infini, l’immense étendue de la Méditerranée, entre Frontignan,
Sète et Agde : paysage unique en Aveyron, territoire qui a mérité l’appellation d’ « île entourée de
terre », entre Aubrac, Cévennes, monts de Lacaune et contreforts du Larzac.
Au surplus, le lieu étudié pour l’implantation du parc a été récemment le théâtre d’une
aventure humaine singulière : celle du professeur Louis Bernard, physicien émérite, ayant enseigné à
l’Université catholique de Lille, puis devenu maire de St-Valery-sur-Somme. Il avait acheté, dans les
années 1960, la ferme de Guidon, au pied des crêtes, pour se rapprocher d’un pays de soleil et de vent
dont il trouvait trop chiche la baie de Somme. Chercheur passionné qui, de ses mains, donnait vie à ses
inventions, il avait réalisé une pile solaire qui mouvait un train électrique, et un moulin à vent aux
voiles pivotantes, fixées sur un support circulaire, afin de présenter toujours à tous les vents, au cours
de la rotation, la plus grande surface utile. La matière première était rudimentaire : les pièces détachées
d’une bicyclette de réforme, quelques rectangles de voile marine, sans doute acquise auprès d’un
successeur de Maître Panisse, des étais de bois brut, les rayons d’une roue de vélo, et son frein. Il
existe, parmi ses descendants, un court métrage de ce moulin en fonctionnement : à Guidon, il tournait
avec ardeur, quel que soit le vent, parfaitement contrôlé par le frein et un système de monte-et-baisse,
alors qu’à St-Valery, le mouvement manquait de souffle. Ce qui ne risque guère d’arriver sur nos
crêtes !
Par ailleurs, les nuisances susceptibles de se produire sont réduites au minimum, par
rapport aux hameaux habités : car, si la vue s’ouvre largement vers le sud et la mer, les habitations, du
côté nord, sont protégées par un épais rideau de hêtres centenaires, dont la hauteur compacte évite de
solliciter l’oeil, lequel, en revanche, se trouve irrésistiblement attiré par le triple rideau de l’horizon
maritime : l’étang, la lagune, puis « la mer, la mer toujours recommencée », comme le chante le Sétois
Paul Valéry. Il en est de même pour le son : les frissons qui émanent du massif de hêtres rendent
inaudibles les éoliennes (sans compter la distance réglementaire, qui est largement respectée par le
projet).
Si bien qu’aucun voisin du futur parc ne figure parmi les opposants. Bien au contraire !
La totalité des personnes concernées par les prévisions d’implantation a accepté d’accueillir des
éoliennes sur son terrain.
Peut-on raisonnablement, aujourd’hui, s’opposer à un projet si judicieusement étudié ?
L’urgence climatique, quoi qu’en dise Donald Trump, n’est-elle pas prégnante ? Le maire de la
commune de Mélagues, Jean Milési, donne à cette question une réponse philosophique :
« Je serais favorable à un tel projet éolien, même s’il n’était assorti d’aucun avantage financier ! »
Ce point de vue semble à contre-courant. Mais le maire l’enrichit d’une autre
considération : celle de la répartition des ressources avec la communauté de communes, et des
financements qu’elles permettront d’assumer, pour toutes les réalisations d’intérêt collectif qui en
découleront, en matière d’équipements de santé, d’éducation, de communication, de stimulation
économique, de loisirs …
Ainsi, la richesse créée n’en sera que mieux partagée, et la situation privilégiée de ce
modeste territoire, sans doute le mieux doté du Département en matière de potentialité éolienne et sans
aucune alternative de développement équivalente, se verra utilement valorisée. Car la vocation de
l’homme intelligent reste d’utiliser au mieux les dons de la nature, sans tentative d’appropriation indue
ni de stérilisation malthusienne.
Il ne restera plus qu’à enrichir le parc d’une réalisation touristique et pédagogique :
un centre d’information sur les énergies renouvelables, destiné à tous les publics, mais en
premier lieu aux enfants des écoles des premier et second cycles, un observatoire des oiseaux et
de la voûte céleste, et un réseau de sentiers de randonnées cyclo-pédestres, dont la commune de
Mélagues a déjà créé un maillage assez dense pour valoriser tous les attraits du paysage, de la
faune et de la flore de cet espace naturel de caractère.

VIEILLIR
Maintenant, j’ai cent ans ! Non, ce n’est pas un rêve.
Comment peut-on vieillir ? Sans s’en apercevoir
La trame de la vie s’est déroulée sans trêve
Et le passé est là, sans qu’on puisse y surseoir.
Pour bien vieillir, il faut accepter calmement
Que chaque jour qui fuit laisse après son passage
Des taches et des rides et le vieillissement
Qui marque sans pitié son empreinte au visage.
Ne rien solliciter, se plaindre de personne,
Visiter les amis, aider les indigents.
Consoler le malade et que votre main donne
Ce que le coeur aurait offert, discrètement.
Il faut remercier Dieu, pour avoir profité
De la jeunesse ardente et des joies de la vie
Avoir vu près de nous ses enfants rassemblés,
Voilà le vrai bonheur, tout le reste est folie.
Et quand la mort viendra frapper à notre porte
Songeons qu’elle aurait pu venir beaucoup plus tôt.
Partons tout doucement, sans bruit et sans escorte,
Avec l’espoir, un jour, de se revoir là-haut.
Poème de Victor Henneteau, communiqué par Maurice GOUSAILLES, que nous remercions de nous l’avoir transmis

Les Nouvelles de Mélagues – Septembre 2020

La météo
L’été s’en est allé sans tirer sa révérence. Après quelques journées caniculaires, marquées par
une évaporation massive des eaux de la Méditerranée, c’est un épisode cévenol d’une violence
inouïe qui s’est abattu sur nos voisins du Gard, dans le village de Valleraugue, tout proche de la
Lozère. Une rivière à truites d’ordinaire paisible a vu son niveau s’élever de sept mètres en quelques
heures, devenue un torrent irrésistible, ayant emporté deux personnes, dont l’une, arrachée en force
de son véhicule. Une puissance inouïe, nous disent les archives météorologiques, qui n’avaient
jamais enregistré de tels déferlements en si peu de temps.
Cette fois-ci encore, nous étions en bordure des lieux de la tragédie. L’orage, audible et
visible de chez nous, est resté marginal, et même, ne nous a apporté que très peu de pluie : de 20 à
25 millimètres, selon le lieu. Autant dire que la sécheresse, à peine atténuée par ces quelques
averses, est toujours présente, et que la pluie dont nous avions besoin reste à venir.
Par contre, ce que nous n’attentions pas est arrivé sans préavis : le froid ! vingt degrés de
température perdus d’un jour à l’autre. Et le vent glacial venu du Nord nous a contraints à rallumer
prématurément nos cheminées. Non seulement glacial, ce vent était aussi très violent : on ne peut
plus parler, cette fois-ci, de « l’express de Stockholm » – c’est devenu un T.G.V. ! Dimanche matin à
Rodez, où nous nous étions rendus pour l’élection sénatoriale, il soufflait en véritable tempête sur le
parc automobile de la salle des fêtes. Ce vent fou, plus l’obligation de porter le masque, ont
contribué à donner un aspect tristounet à cette élection, qui, d’ordinaire, est l’occasion d’échanges
détendus, de plaisanteries, de rencontres conviviales … Ce dimanche ressemblait plutôt à un
cortège funèbre. Espérons cependant que ce n’était pas celui de la démocratie. Car j’ai bien peur que
cette crise sanitaire ne dégénère en crise morale, au détriment de la qualité de notre art de vivre
ensemble.
Pour corriger cette sensation négative, nous relirons, en fin de journal, un superbe poème d’Arthur
Rimbaud, poète libre, fugueur et inspiré, qui nous fera retrouver les vrais parfums de l’automne. Il avait dix-huit
ans quand il l’a composé. Et c’était déjà un souvenir de sa vie d’avant.

Partie vers la lumière
Marie-Rose MILHAU, de Maussac, souffrait depuis quelque temps de problèmes de santé qui avaient
entraîné son hospitalisation à Béziers. C’est là que la maladie l’a emportée,dans sa quatre-vingt dixième
année. Elle était la mère de six enfants. Ses obsèques ont eu lieu à Tauriac, en présence de nombreux
habitants de sa commune, et aussi de Mélagues.
Nous présentons à toute sa famille nos plus sincères condoléances.
Le sommet d’une carrière
A quoi rêvent les politiques ? À entrer dans une institution qui représente, pour eux, l’apex d’une
carrière réussie : Le sénat ! Une assemblée de « sages » (par définition!), chargée de passer au crible les
propositions de l’Assemblée nationale, composée de « jeunots » impulsifs qu’il s’agit de ramener à la
modération ! Cette définition traditionnelle n’est pas tellement caricaturale. Car c’est bien le rôle assigné aux
sénateurs de porter un regard critique sur le travail des députés. D’ailleurs, à un certain moment, le Sénat
s’appelait « Conseil de la République ». Dans la pratique, en cas de désaccord, cela se résout par une
discussion entre les deux chambres, au travers d’une commission mixte paritaire. Si un point de divergence
subsiste, c’est, en seconde lecture, l’assemblée nationale qui a le dernier mot.
Certains pays démocratiques n’ont pas de sénat. D’autres en ont un, avec des pouvoirs plus étendus
que le nôtre (les États-Unis, par exemple). Je ne me prononcerai pas sur ce point : à vrai dire, sur cet objet,
ma religion n’est pas faite. Certains disent que, vu l’âge moyen des sénateurs, le palais du Luxembourg est une
luxueuse maison de retraite. Mais il me souvient que Raymond Barre lui-même piquait de paisibles roupillons
au Palais-Bourbon ! Ainsi dit le proverbe : « comme on fait son lit, on se couche ! ».
En tout cas, les maires aveyronnais ont de nouveau viré à droite. Car Alain Marc et Jean-Claude
Anglars n’ont eu besoin que d’un seul tour de scrutin, avec des scores confortables dont, j’espère, ils ne feront
pas le mol oreiller de leurs siestes législatives !
Le rêve et la politique
L’âge du capitaine
Le journal Midi Libre a récemment publié la liste complète des actuels maires de l’Aveyron. J’ai eu la
curiosité de connaître l’âge moyen desdits maires. Voici le résultat de mes décomptes (une erreur minime est
possible mais elle n’invalide pas l’ensemble).
L’Aveyron compte aujourd’hui 285 communes (contre 309 auparavant), ce qui signifie que 19
communes ont succombé à la tentation de la fusion. Dans le tableau de Midi Libre manquait l’âge de 21
maires. Il faut donc prendre pour base 264 communes. J’ai dénombré :
De 18 à 39 ans 2 maires, (le plus jeune ayant 34 ans)
De 40 à 49 ans 47 maires
De 50 à 59 ans 69 maires
De 60 à 69 ans 109 maires
De 70 à 79 ans 36 maires
À plus de 79 ans 1 maire (81ans)
Pour ma part, à 77 ans, je me situe très haut dans l’échelle des maires expérimentés. Mais avec un
maire adjoint de 22 ans, la moyenne d’âge des deux têtes de l’exécutif municipal est de 49 ans et demi. Ce qui
rajeunit notablement l’équipe, car, comme pour Le Cid, « la valeur n’attend pas le nombre des années ».
Le Liban sous tutelle ?
Le Liban, ce pays qui fut, au XXème siècle, placé « sous mandat français »
(c’était le terme diplomatique de l’époque) par la Société des Nations de 1920 à 1943,
a gardé de solides liens avec son ancienne protectrice, la France. Mais après son
indépendance (en 1943), il est devenu le jeu des affrontements entre l’Iran, Israël, la
Syrie (pour ne citer que les principaux), qui l’on affaibli et livré au clientélisme de
dirigeants incapables de privilégier l’intérêt du pays au détriment de celui de leur
clan. Ce n’est pas un pays laïque : il est, constitutionnellement, gouverné par un
« équilibre » instable entre chrétiens de rite oriental, musulmans sunnites (Syrie,
Arabie Saoudite) et musulmans chiites (Iran). Il a souvent servi de champs de
bataille entre Israël et le Hezbollah (chiites pro-iraniens).
Aujourd’hui, la crise est patente et le pays éclaté. Mais il y a lieu de se demander si notre président a
été bien inspiré de se livrer à cette diatribe (« j’ai honte, j’ai honte, j’ai honte ») à l’égard des politiciens
libanais. Sans compter l’ultimatum qu’il leur a lancé : un mois pour arriver à former un gouvernement. Sinon ?
Sinon quoi ? Que peut faire la France ? A-t-elle encore une réelle influence dans ce pays ? À elle seule, a-telle
les moyens d’apporter aux Libanais une aide significative ? Est-ce très habile de s’adresser ainsi aux
dirigeants élus (corrompus, peut-être, mais tout de même élus) d’un pays censé être indépendant ? C’est
vraiment du néo-colonialisme comme on n’en fait plus. Et toute cette gesticulation en laissant de côté
l’Europe… Donald Trump aurait-il déteint sur Emmanuel Macron ? En matière de corruption, sommes-nous si
irréprochables, nous dont deux ministres de la Justice (le socialiste Jean-Jacques URVOAS et François
BAYROU soi-même) ont dû démissionner en catastrophe pour des affaires restées douteuses ? Les crises
politiques italiennes ne durent-elles pas plusieurs mois ? Voire plusieurs années, pour la Belgique ? Allons !
Un peu de modestie siérait mieux à notre pays…
Le virus
La presse a publié récemment un classement international multi-critères sur les pays les mieux
organisés pour combattre le corona. Tandis que l’Allemagne est classée en tête, la France occupe une peu
glorieuse 54ème place. Encore une raison d’éviter tout triomphalisme.
Et la communication officielle ? Plus l’État et le comité « scientifique » donnent d’explications, moins
je comprends. Au début de l’épidémie, il nous a été dit que le nombre de contacts avec des personnes
contaminées était beaucoup trop faible pour espérer que se crée une immunité générale. Aujourd’hui, ce
nombre monte en flèche : et il paraît que cela multiplie les risques d’attraper le virus. Alors, où est la vérité ?
Quant à la fameuse « deuxième vague », c’est du pipeau pur et simple : il n’y a jamais eu de deuxième vague.
C’est la vague initiale qui continue de se propager. Ce qui apporte la preuve par l’absurde que les masques en
tout temps et en tout lieu ne sont pas une solution ! La distance physique est bien plus efficace, puisque le
virus ne se propage pas dans l’air.
La presse est devenue illisible, à force de répéter mécaniquement les mêmes affirmations. Si vous
voulez une information honnête et vérifiée, vous la trouverez dans trois journaux : le quotidien La Croix et
les hebdos Marianne et Le Canard Enchaîné. J’espère qu’il y en a d’autres (car je ne lis pas tout), mais j’ai
des doutes. Avec notre journal, vous trouverez en tiré à part deux articles :
– l’un puisé dans Marianne, qui fait l’historique de la façon dont l’Etat a géré l’épidémie,
– l’autre, tiré d’un mensuel aux antipodes de la « grande » presse, Parasciences, qui présente une
réflexion sur le « monde d’après ».
Énigme
Affiche figurant dans la salle d’attente d’un cabinet médical :
« Il est formellement interdit d’ôter son masque »
Je me suis demandé si cette phrase aurait un sens (différent !) si on déplaçait l’adverbe :
« Il est interdit d’ôter formellement son masque ».
Éclairez-moi ! Je vous remercie.

Les nouvelles de Mélagues Août 2020

Le temps
C’est la chaleur qui a prévalu, ce mois-ci, avec des épisodes caniculaires, lesquels nous ont fait apprécier la fraîcheur des nuits de nos montagnes. Car dans la journée, les vents avaient le souffle court, en particulier le marin, et la traînée laiteuse qu’il laisse sur l’horizon méditerranéen, signe non équivoque de son long parcours jusqu’à nous, pardessus les quelque six cents milles marins qu’il survole, à partir des berges africaines.
Ayant retrouvé la terre ferme, il transpose les flamboiements du Sahara sur les Rougiers du Camarès, brunissant de la sécheresse des herbages la végétation surgie par-dessus l’ocre natif des terres minérales.
En ces temps de soif et de feu, bienvenues sont les sources jaillissant spontanément des profondeurs, abritées d’un bosquet d’arbustes qui les protège d’un dessèchement prématuré, pour le plus grand bonheur des humains et des animaux dont elles assurent la vie.
Se souvenir
Le samedi 22 août dans l’après-midi, en l’église d’Arnac-sur-Dourdou, s’est
déroulée la cérémonie d’hommage à Fernande Singer, maire d’Arnac, décédée du coronavirus à l’hôpital de Montpellier, le 13 avril 2020. L’arrivée de son cercueil, le 15 avril, au cimetière d’Arnac, et sa mise au tombeau sans aucune cérémonie, avaient été d’une tristesse infinie. Aussi, tout le monde avait convenu qu’une cérémonie s’imposait, aussitôt que possible. Celle-ci vient d’avoir lieu, en présence de l’État (le sous-préfet, M. Bernié),
du département (Christophe Laborie), des élus (le sénateur Alain Marc, le député Arnaud Viala), de la présidente de la communauté de communes (Monique Aliès), d’une délégation de la
gendarmerie et des sapeurs-pompiers.
L’église ne suffisait pas à contenir toute la population qui débordait sur le parvis. Après l’hommage solennel, une cérémonie privée, suivie par la quasi-totalité des participants, s’est déroulée au cimetière, avec le dépôt d’une plaque commémorative sur la tombe de celle qui fut une infatigable animatrice de la vie publique arnacoise, attentive aux besoins de tous les habitants.
Un ami de Mélagues nous quitte
Celui qui fut un utilisateur très assidu de notre cyber-base, Monsieur Richard Phillipson, domicilié à Maussac, nous a quittés le dimanche 2 août.
Propriétaire d’un planeur, stationné à l’aérodrome de Belmont-sur-Rance, il avait participé le samedi aux démonstrations aériennes de la journée. Il avait passé la nuit du samedi dans une chambre de l’aérodrome, mise à la disposition des participants. C’est là qu’il a été découvert, sans vie, dans l’après-midi du dimanche.
M. Phillipson nous laissera le souvenir d’un homme de bonne compagnie, plein d’humour, avec lequel s’étaient noués des liens de sympathie réciproque. Son parcours au-delà des étoiles s’accomplira dans la paix.

Au conseil municipal
Le vote des budgets a eu lieu le vendredi 24 Juillet à 21 heures. Vote à l’unanimité pour tous les
textes budgétaires. Pas d’augmentation du taux des impôts locaux. Ci-après, voici les tableaux synthétiques.
La particularité, cette année, c’est que ce budget ne couvre, en réalité, que quatre mois. Je ne compte pas le
mois de décembre, qui est toujours entre parenthèses. Les recettes sont toutes dûment assurées, les dépenses,
prévues largement.
En cas de coup dur, nous voterions des délibérations modificatives

Le quotidien
J’ai renoncé, cette année, par précaution, au conseil municipal en plein air du premier dimanche d’août. Même si pour moi, c’est toujours un plaisir de vous rassembler dans une ambiance festive, je ne prendrai pas le risque de créer une occasion de contamination.
De même, j’avais espéré que, dès le mois de septembre, les règles de tenue des conseils municipaux seraient normalisées. Mais l’État nous a renouvelé des consignes sanitaires strictes. Donc, les prochains conseils se dérouleront à huis clos, jusqu’à nouvel avis.
Le jeudi 6 août, Sébastien Ramondenc et moi nous sommes retrouvés à Saint-Affrique, dans l’étude de Maître Massol, notaire, pour signer l’acte de vente par la commune de parcelles de terrain provenant d’anciens sectionnaux. Voilà une heureuse conclusion, qui clarifie définitivement la situation. La commune a tenu ses engagements. Nous étions depuis le début d’accord sur le prix. Je rappelle que la même opération reste ouverte à tous les agriculteurs de la commune, et qu’au lieu d’un achat, ils peuvent aussi conclure un bail de location.
J’ai reçu le devis de M. Burtillet, couvreur, pour la révision des toitures de la mairie et de l’église de Mélagues. Le total de ces devis est inférieur à 4 000 €. Nous sommes donc très loin des cris d’alarme qui faisaient s’étrangler certains.
Enfin, le lundi 10 août à 17 heures, la société Voltalia est venue présenter au conseil municipal, au cours d’une réunion d’information qui lui était exclusivement réservée, un point d’étape concernant l’étude à
laquelle elle travaille sur les crêtes qui vont du Col de Thalis au Col de Marcou. Pour le moment, on ne peut pas encore parler de projet, car rien n’est matérialisé. Une réunion ouverte au public aura lieu, quand les choses se seront précisées.
Les masques
La propagande gouvernementale à propos des masques continue de m’interroger. Tant d’affirmations contradictoires, aussi peu étayées les unes que les autres, font que je n’en crois plus aucune. Aussi, je vais
essayer de reprendre le problème, avec le seul appui du raisonnement. Comprenez-moi bien : je ne vous donne aucun conseil. Mais aidez-moi simplement à réfléchir sur les points suivants :
1- Les « spécialistes » (les guillemets sont de rigueur !) nous ont dit que le virus ne se transmettait pas dans l’air. Puis quelques-uns, mais sans insister, ont prétendu que dans certains cas (lesquels?) il pouvait
se transmettre. Donc, raisonnons : si le virus se transmettait dans l’air, nous serions tous infectés. Or, il y a eu bien trop peu d’infections pour qu’en résulte une protection collective. Donc : le virus ne se transmet pas dans
l’air, mais par contact biologique.
2- Si le virus ne se transmet pas dans l’air, le masque est complètement inutile. A l’appui, les récentes statistiques japonaises (un pays qui respecte rigoureusement les consignes) démontrant une nouvelle flambée
d’infections au Japon, malgré le masque.
3- Si le masque n’arrête pas le virus, peut-il présenter des dangers sanitaires ? La limitation de l’aisance respiratoire, le confinement du visage qu’il induit, et l’excès de chaleur qu’il provoque, sont un très efficace foyer d’infection pour les microbes et bacilles « ordinaires », dont il facilite la prolifération.
Donc le masque est potentiellement dangereux pour l’innocuité de l’air que nous respirons.
Souvenons-nous : avant la découverte des antibiotiques, le meilleur remède contre la tuberculose était un stage en sanatorium, loin de l’air vicié.
4- En milieu urbain surpeuplé, l’épidémie se développe malgré le port du masque. Pourquoi ?
Parce que la distance sanitaire est impossible à respecter, et que les porteurs de masques développent des populations de microbes et de bacilles dangereux, dont la prolifération est impossible à contenir. Sans compter les autres pollutions.
Donc, le masque en ville est plus dangereux que protecteur.
5- Et le vaccin ?
Malgré les rodomontades poutinesques, rien ne garantit qu’un vaccin efficace va être découvert.
D’autre part, il est possible que le corona-virus se mette à muter, comme le virus de la grippe (30 % d’efficacité, les bonnes années!).
Donc, à ce jour, un vaccin absolument sûr ne représente qu’une hypothèse soumise à caution. Et la protection efficace reste à découvrir.
Dernière minute : Ce matin 26 août, le premier ministre, invité de France Inter, a déclaré que le masque à l’école ne servait à rien avant 11 ans, et devenait obligatoire à partir d’onze ans (et un jour !).
Par quel phénomène se déclencherait soudain cette efficacité du masque ? Encore une incongruité de plus !
Il a fait fort …
…le nouveau maire de Saint-Affrique ! En un mouvement, un seul (!), il a réussi à se mettre à dos la Région, la ville la plus importante du Parc, le maire de la cité qui abrite l’activité la plus emblématique, une bonne moitié des maires et quelques associations. Au surplus, sa manœuvre était cousue de fil blanc ! Quand on veut magouiller, il y faut un minimum d’habileté.
De surcroît, il a réussi à me mettre en colère (ce qui est rarissime !). Je n’en dis pas plus, le texte ci-après est assez clair. Merci à la presse qui l’a publié in extenso.
Mentir : un péché ou un art de l’esquive ?
Question qui soulève bien des controverses, accusation-boomerang que se lancent à la figure les politiciens de tout niveau ! Que faut-il en penser ?
Pour commencer, il convient d’observer que le mensonge ne figure pas dans la liste des péchés capitaux. Par contre, il accompagne souvent les péchés capiteux (dans les histoires d’amour, en particulier).
Je n’ai pas été élevé chez les Jésuites. Mais j’admire leur casuistique, qui les amène à distinguer trois catégories de mensonges : joyeux, officieux et pernicieux.
a) le mensonge joyeux : celui qui n’est pas crédible, si on l’examine de près, car c’est l’équivalent d’une plaisanterie quelque peu sophistiquée. Par exemple, un canular du 1er avril, tel que celui qui m’avait fait annoncer que j’allais proclamer l’indépendance de Mélagues (et il s’était trouvé un minus habens pour le prendre au sérieux!).
b) le mensonge officieux : celui qui est destiné à obtenir un résultat favorable (à l’interlocuteur ou à soi-même), mais qui ne cause de tort à personne. Personnellement, j’utilise volontiers, et sans aucun état d’âme, ce type de mensonge quand il s’agit de me débarrasser d’un importun. Car je dois donner mon temps à ceux qui en ont besoin et non le perdre avec ceux qui s’obstinent à m’inonder de propos oiseux. Car la vie est trop courte pour la gaspiller avec des gens incapables de raisonner sainement.
c) le mensonge pernicieux : celui qui est destiné à porter tort à l’interlocuteur. Je ne l’utilise jamais. C’est, par exemple, le mensonge typique du mouchard occasionnel ou professionnel, dénonciateur tout azimut de torts imaginaires, ou qui veut détruire la bonne entente de deux personnes, en répandant de fausses rumeurs… Ce personnage abject ne mérite que le mépris.
Le silence de ces espaces infinis m’effraie
Le silence est celui que les déclarations des nouveaux écologistes municipaux imposent au bon sens.
Car ce ne sont pas des mensonges du premier type : ce sont des délégations dont les appellations ont été officiellement créées par les maires des grandes villes. En voici un florilège, relevé par Samuel Piquet.
Littérature
Le samedi 22 août, en matinée, j’ai été accueilli à la librairie BASTIDE de Saint-Affrique pour y dédicacer mon dernier livre, « Les détails du diable ». Excellente librairie qui a, depuis un demi-siècle, ses lettres de noblesse. Elle est située à proximité de la mairie.
En trois heures, j’ai rédigé douze dédicaces personnalisées, une chaque quart d’heure. C’est presque autant qu’Hollande ou Sarkozy ! Après tout, mon livre vaut bien le leur ! Et du moins, c’est moi qui l’ai écrit.
Dans les intervalles, j’ai trouvé un bon moyen d’attirer l’attention des chalands.
Toujours avec un grand sourire, après les avoir salués, je leur demande :
« Madame, mademoiselle, monsieur (cela, c’est une citation de Giscard), à quelle catégorie appartenez-vous ? » Étonnement de la personne. Je complète ma demande :
– « Vous êtes de ceux qui pensent ou de ceux qui cliquent ? »
Les réponses sont variées. Samedi une dame m’a répondu :
– « -Oh, pas beaucoup ! »
Je n’en ai pas su davantage. Ou alors, je demande directement :
– « Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, vous connaissez ?
En réponse, j’ai eu cette demande de précision : « Beau de quoi? ».
Je n’ai pas osé citer Victor Hugo. J’ai eu trop peur d’entendre, en guise de réponse :
– « Ah ! C’est celui qui habite le boulevard ! ».

MARIAGE
Cœurs fous de jeunesse et d’amour,
Au soleil qui rayonne en ce jour
Splendide et lumineux,
Nous nous trouvons ensemble, unis et heureux.
Donne-moi la main,
Je te conduirai chaque matin
Sur le chemin du bonheur
Pour entendre joyeux, chanter nos deux cœurs.
Comme les fleurs au printemps
S’ouvrent au soleil
Notre amour pour longtemps
Restera sans pareil.
Je vois dans tes yeux la lumière de ton âme,
Regarde dans mon cœur, tu verras cette flamme
D’un amour plus fort et plus grand
Que la mer et les océans.
Viens, donne-moi la main
Viens, aujourd’hui et demain.
Brigitte

Les nouvelles de Mélagues Juillet 2020

I – Le temps atmosphérique
Si ce n’était le manque de repères (l’absence des fêtes de village, une Fête nationale
en demi-teinte, la rareté des visiteurs étrangers), ce mois de juillet,
jusqu’ici, pourrait être considéré comme normal. Il fait chaud sans
excès, les orages destructeurs nous sont épargnés. Nous avons
même, enfin !, un premier ministre qui ne ressemble pas au
portrait robot du technocrate, et qui doit apprécier le pastis au
moins autant que le whisky ! Cela nous change agréablement,
mais ne suffit pas à nous rasséréner. Car l’ambiance reste alourdie
de toute une angoisse inexprimée, d’une attente, comme dit Alexis
CURVERS, « de ce qu’on appelle la sagesse ». Et les instructions gouvernementales qui nous transforment en « concombres masqués » (je suis sûr que vous connaissez tous cette bande dessinée) n’y sont pas pour rien !
II – Le temps poétique
Je vous invite donc à retrouver, en ma compagnie, l’espoir d’un nouveau printemps dans le texte ci-après, du poète espagnol, Antonio MACHADO (1875-1939) :
(extrait de « A un olmo seco »)
¡Olmo, quiero anotar en mi cartera
La gracia de tu rama verdecida
Mi corazon una vez mas espera
Tal vez hacia la luz y hacia la vida
Otro milagro de la primavera!

Orme, je veux noter sur mes tablettes
La grâce de tes branches reverdies
Une nouvelle fois mon coeur attend
Peut-être de revoir la lumière et la vie
Nouveau miracle du printemps !

III – Le temps politique
Le mercredi 15 juillet à 20 h 30, les 37 délégués représentant les 23 communes de la com’com’ Monts, Rance et Rougiers se sont réunis dans la belle salle des Fêtes de St Sernin, afin d’élire les nouveaux responsables de la Communauté.
III-1 – Tout avait pourtant bien commencé
En tant que doyen d’âge, il me revenait de présider la première partie de la réunion : l’élection du président. En l’occurrence, il s’agissait d’une présidente, Monique ALIЀS étant la seule candidate.
Autant dire que le suspense résidait uniquement dans les éléments marginaux éventuels : émergence d’une candidature de dernière minute, score obtenu, réclamations …
J’avais le souvenir très précis de l’élection précédente, qui avait vu se déclarer deux candidats :
Monique ALIЀS et Claude CHIBAUDEL, ce dernier l’ayant emporté avec une marge consistante.
Malgré la tension résultant de cette concurrence, le déroulement de l’élection avait été impeccable. Mon âge déjà avancé, et l’absence du doyen de l’époque m’avaient valu de la présider. Pas plus cette fois-ci que la précédente, je n’étais demandeur. Mais les textes sont les textes : notre République se fonde sur des procédures codifiées, identiques du Parlement à la plus modeste mairie, destinées à préserver la régularité des votes et de la transmission des responsabilités. Il convient de les respecter à la lettre, pour éviter de s’exposer même à de simples vices de forme, qui font les délices des tribunaux administratifs.
Mercredi soir, en arrivant dans la salle, je suis frappé par la distance physique – ou sanitaire (j’ai horreur de l’expression « distance sociale », qui est une totale ineptie), car les tables sont réparties de manière à occuper les trois-quarts de l’espace. Autant dire que les intervalles entre les trente-sept
délégués ont été largement calculés. Le secrétariat me remet la liste des électeurs. Tiens ! Elle est organisée par ordre alphabétique des communes, au lieu de l’être par celui des votants. J’espère que
nous n’allons pas revivre une version actualisée des débats du 5 mai 1789, première réunion des États Généraux, sur la question de décider s’il faut voter par tête ou par ordre, le Tiers-Etat étant majoritaire
en nombre de représentants, alors que la Noblesse associée au Clergé sont à deux contre un ! Pour nous, aucun problème de ce type. Je m’en remets aux dispositions prises par le secrétariat. Claude CHIBAUDEL, président sortant, ouvre la réunion, accueille les participants et demande une minute de silence à la mémoire de Fernande SINGER, maire d’ARNAC sur DOURDOU, décédée
du coronavirus à la suite de sa réélection le 15 mars, avec 87 % des voix !
Il rappelle qu’un hommage solennel lui sera rendu à ARNAC, le 22 août prochain, dans l’aprèsmidi.
Nous y serons.
Et il me passe la parole. A mon tour, je salue l’assemblée, et appelle les deux collègues qui assureront les fonctions d’assesseurs. Ce sont les deux plus jeunes. La parité (qui n’est pas obligatoire, en l’espèce) se trouve respectée.
Nous pouvons commencer le vote. J’annonce donc que celui-ci se déroulera dans l’ordre alphabétique des communes, et j’appelle les deux premiers votants de ma liste.
III-2 – Prise de tête ou prise de pouvoir ?
Ô surprise ! C’est le débat du Jeu de Paume qui se réactive !
Alors que je croyais le processus bien cadré, l’assesseur féminine proteste, d’une voix étouffée (par l’indignation ou le masque?), prétextant que la liste dont elle dispose est établie par ordre alphabétique des électeurs. « Ah bon ? »
comme les Guignols de l’Info faisaient dire à Roselyne Bachelot. Et elle enchaîne (non, pas Roselyne, mais l’assesseur féminine), sans avoir demandé la parole, en appelant deux votants différents de ceux que j’avais désignés !
A mon âge, on éprouve la plus grande indulgence pour l’impétuosité de la jeunesse… même si on déplore parfois que cette génération ait tendance à cliquer plus vite qu’elle ne réfléchit. A l’instant, ce
que je devais faire m’apparaît nettement : décider une interruption de séance, pour tirer au clair ce problème de listes différemment constituées avec le secrétariat. Et donc, donner la suite appropriée à cet incident de séance, que d’aucuns pourraient qualifier d’usurpation de fonctions.
Par contre, je ne vois toujours pas clairement pourquoi je me suis abstenu de le faire. Sans doute parce que je n’ai pas pour nom Christophe Saint-Pierre, essayant d’en appeler de sa défaite sous prétexte de procurations non parvenues. Même si l’entorse à la procédure légale est patente, il vaut
mieux laisser chacun-chacune apprendre de ses erreurs. Et j’assiste à la suite en spectateur, non sans aller voter quand je suis appelé.
III-3 – On est toujours puni par où on a péché
Puisque la fonction présidentielle a été, de fait, neutralisée, les deux
assesseurs doivent se démultiplier : saisir et déposer le micro manuel, appeler les électeurs, leur remettre le bulletin de vote (heureusement, il n’y a pas
d’enveloppe), introduire celui-ci dans l’urne, faire signer la feuille d’émargement, rappeler ceux qui l’oublient (j’en fais partie) … Seules les divinités hindoues auraient eu suffisamment de bras.
Il s’ensuit, autour des isoloirs et de la table de vote, un chassé-croisé permanent d’allées et venues, chaque électeur improvisant son propre itinéraire à l’aller vers l’isoloir et au retour vers la feuille d’émargement, au grand dam de la distance sanitaire. L’improvisation n’est harmonieuse que
lorsqu’elle est inspirée : manifestement, ce n’était pas le cas !
Dernière séquence exécutée ao vivo : (en direct), comme disent les Portugais : le décompte des voix se fait à la sauvette, et il n’y a pas de proclamation du résultat, ce qui brise symboliquement la chaîne de transmission de la responsabilité présidentielle.
En dépit de ces anomalies, Monique ALIЀS est élue, et bien élue : 27 voix sur 37 votants, soit
72,97 %. Bravo ! On peut lui faire confiance : elle aura tôt fait de faire oublier les incohérences de l’élection.
Res ad nauseam repetitae
Restaient à élire les 9 présidents des commissions, ce qui a donné lieu à 333 (!) déplacements vers l’isoloir (9 fois 37). S’il fallait innover dans la procédure (en attendant le vote électronique!), c’était
le moment. Chacun aurait pu voter sans quitter sa place, en toute discrétion, vu l’espace disponible ; il aurait suffi de faire circuler l’urne et les feuilles d’émargement de table en table.
Deux observations, pour terminer ce compte rendu. D’abord, une seule femme est présidente de commission. Ensuite, à chaque vote ont été dénombrés de six à dix bulletins blancs : aucune hypothèse d’explication ne s’impose. Chacun en tirera ses propres conclusions.
Com-com, mode d’emploi
Le texte ci-après (titre inclus) est extrait de l’hebdomadaire Marianne, n° 1199 du 6 au 12 mars 2020. La formule « fédérative » est-elle plus efficace que la formule « associative » ? Et que penser de la fusion (dont cet article ne parle pas) ? Tout cela mérite réflexion.
Extrait du magazine « Marianne » N° 1199 du 6 au 12 mars 2020
Sculpteur, peintre et poète C’est le triple talent de Jacques BOURGES, le sculpteur de LACROUZETTE (près de Castres)
qui a réalisé la statue de granit « La mère et l’enfant », érigée à Mélagues en Juillet 2019, et qui, en raison du virus, ne sera pas inaugurée cette année. C’est aussi un poète qui manie le sonnet, forme poétique, très codifiée, donc difficile, avec beaucoup d’inspiration. Il est aussi poète en langue occitane et peintre, de préférence à l’huile sur toile. Voici un sonnet et une sculpture qu’il a créés en les associant.
DANS UNE MARÉE BLANCHE
Dans une marée blanche à Paros à Carrare
En quelque autre contrée riche d’un marbre pur
Tombée de son haut vol s’enlise la sculpture
En fin d’Antiquité engluée comme Icare
Dieux du ciel des Enfers pénates et dieux lares
Vénus au torse tors forces de la nature
Aux muscles éclipsés par des ferveurs obscures
S’enfoncent dans le temps des ténèbres de l’Art
L’anatomie raidie par la taille de pierre
Et voilée de pudeur revient à la lumière
En hauts-reliefs sortis de colonnes gothiques
Au quattrocento tel un esclave rebelle
La forme se libère en torsion cylindrique
Qui fait depuis les Grecs la ronde-bosse belle.
Jacques BOURGES – janvier 2010

Les Nouvelles de Mélagues Juin 2020

Météo
Enfin voici l’été. Mais il n’est pas arrivé à l’issue d’une avancée régulière.
Après quelques tentatives, au début du mois, de déployer son oriflamme, il a dû en rabattre, sous les coups de boutoir de quelques « express de Stockholm», générateurs d’une froidure tardive. C’est comme si le réchauffement climatique, dont la réalité est indéniable (sauf pour
Donald Trump), voulait s’installer par la force, en dépit de la résistance farouche de tous les saints de glace. (Je suis en train de me demander si je ne suis pas redevable au président Macron de tout ce vocabulaire guerrier !).
Un épisode cévenol hors saison est venu nous apporter, en prélude à l’été, une variante des « grandes lessives » qui nous sont coutumières. Pour cette fois, nous n’étions pas au coeur de la tempête. Il n’empêche : les foins fraîchement coupés ont dû se sécher au retour du soleil, avant de rejoindre leurs granges. Pour l’instant, après toutes ces incohérences, la chaleur est là, sans excès ni déficience : un temps de saison. Mais pour combien de jours ? Le solstice
est derrière nous : et ces beaux jours tant attendus vont se remettre à raccourcir. Ce qui est le signe rassurant que notre latitude fait encore partie de la zone tempérée ! Comme disait mamma Letizia à son fils Napoleone : « Pourvou qué ça douré ! ».
Monique est partie
Épouse de Claude Louchet, mère de Laurent et de trois autres
enfants, Monique Louchet nous a quittés soudainement, le lundi
8 juin en début de journée : son coeur s’est arrêté de battre, et n’a
pas voulu repartir. Née en 1942, elle était âgée de 78 ans.
Originaires de la région parisienne, Claude et Monique ont
quitté, en 1987, le bourg de Villelouvette (Essonne), pour
s’installer à la ferme du Berthalays, rejoints par leur aîné,
Laurent, scolarisé dans un établissement agricole. Ils se sont très
rapidement insérés dans la vie de la commune. Pendant une
dizaine d’années, Monique s’est occupée, avec dévouement et
affection, des petits de l’école communale.
Leur séjour au Berthalays a pris fin en 2007 : l’âge venant, ils ont acheté une maison à Camarès, pour y passer paisiblement leurs vieux jours.
Depuis plusieurs mois, Monique ressentait, de temps en temps, des troubles de la mémoire et de l’équilibre. Les examens médicaux, au mois d’avril, révélaient une tumeur au cerveau.
Celle-ci s’avérait inopérable, et le pronostic vital était très réduit. Après un séjour à l’hôpital de St-Affrique, Monique recevait à domicile les soins indispensables. Elle ne semblait pas éprouver de souffrance. Sa vie s’est arrêtée à l’improviste. Elle avait demandé à être
ensevelie à Mélagues. Sa famille et ses amis l’ont accompagnée lors de ses obsèques, le jeudi 11 Juin. Le père Dhanaraj a présidé la cérémonie.
A son mari, Claude, à son fils Laurent, et à toute sa famille, nous présentons nos plus amicales condoléances.

Les masques
Cette question restera longtemps dans l’histoire de la présente épidémie, une éloquente illustration de l’incompétence de nos gouvernants, et de l’ineptie de leur communication. D’ailleurs, le terme même de « communication » est totalement inadéquat, car il ne s’agit pratiquement jamais d’informer la population – mais bien plutôt de lui asséner une propagande vide de sens, voire mensongère. Quel crédit, en effet, peut-on accorder à des « informateurs » officiels qui nous disent, à quelques jours d’intervalle, que les masques ne
servent à rien, puis qu’ils nous sont indispensables ? Après quoi, ils nous laissent nous débrouiller par nos propres moyens, à savoir : ou bien les faire fabriquer, en quantité infinitésimale, par des couturières familiales, ou bien tenter notre chance auprès des pharmacies (démunies) ou des supermarchés (très tardivement approvisionnés).
« C’est la guerre », avait dit le président. Oui, mais laquelle ? Celle de 1870 ?
Voici comment s’en est tirée la commune de Mélagues. D’abord – après avoir dûment signé une commande suffisante – nous avons reçu de la com’ com’ une trentaine de masques chirurgicaux (jetables). Et le reste de
la commande n’est jamais arrivé.
Heureusement, l’atelier de confection Dyn’R, à Brusque, s’est reconverti dans la fabrication des masques, un peu tardivement – mais nous avons pu en avoir à suffisance, et nous avons un stock pour parer à toute éventualité.
Cela dit, le masque n’est pas la panacée. Le porter en continu peut même être contre-indiqué, car il emprisonne les bacilles et bactéries dont nous sommes porteurs, et dont la chaleur intérieure du masque peut stimuler la virulence. A quoi sert de le porter quant nous sommes en plein air, ou en voiture sans passagers, ou entre membres d’une même famille qui partagent les mêmes espaces respiratoires ?
Quand je vois ces exhibitions, je ne peux m’empêcher de penser à ce célèbre personnage d’une bande dessinée, qui a pour nom « le Concombre masqué » .
Par ailleurs, n’oublions pas que l’usage répété du gel hydro-alcoolique dessèche et craquelle la peau (à cause de l’alcool dénaturé). L’eau et le savon, du moins, sont inoffensifs.

Un monde nouveau ?
Je crois que nos chances de le voir éclore se réduisent. Nous n’avons, semble-t-il, rien appris, et nous revenons « au galop » vers nos travers. Je n’en veux pour illustration que la culture de l’affrontement, et l’absence de dialogue. Déjà les « gilets jaunes » se sont mis à donner de la voix, et la répression policière fait l’objet des mêmes critiques qu’avant.
Déjà, dans le monde politique, le consensus -s’il a jamais existé- s’est brisé, et chacun se remet en course pour la prochaine élection. La carence d’idées neuves est toujours aussi manifeste, et l’imagination est en panne.
C’est vrai aussi pour l’entité européenne. Chaque pays joue sur son tempo la réouverture des frontières, afin de s’approprier les contingents touristiques les plus denses. Concurrence contre concertation : mais où est
donc l’Europe que nous aimons ? Dans nos rêves ?
Encore la vitesse
Et voici la grande nouveauté : la vitesse sur autoroute doit être limitée à 110 km/heure.
Au nom de la sécurité : rengaine traditionnelle. Au nom de la réduction du bilan
carbone : rengaine écologique. Au nom de l’économie de carburant : rengaine
économique. Tout cela nous est affirmé par des locuteurs péremptoires, sans être étayé par la moindre apparence de vérité.
Or, tout cela relève de la plus épaisse absurdité, bien digne du « Café du Commerce » (largement rouvert, depuis la fin du confinement). Et nous gobons tous ces oeufs couvés comme si c’était l’évangile.
Raisonnons un peu. Que valent ces histoires de bilan carbone, tant que nous accepterons qu’il existe un marché des droits à polluer, que les pays industrialisés achètent aux pays à l’économie primaire ?
A qui fera-t-on croire que la sécurité sur la route dépend de mesures uniformes, inadaptées à la réalité géographique du réseau ? Quant à l’économie de carburant, elle résulte d’une conduite régulière et sans à coups,
sans accélérations brutales ni freinages intempestifs. Quand j’entends toutes ces sornettes, je songe à la remarque de mon oncle – celui qui avait baptisé la télévision « l’abrutissoir ». Il avait coutume de dire :
« Si tu racontes cela à un cheval de bois, il te donnera un coup de pied ! ».

Dotations rurales : on sait que ça cloche
Une remarque intéressante dans le mensuel 36 000 communes, n° de juin 2020, page 13 :
« Le début de mandat ressemble aux précédents, la question financière est toujours d’actualité. Les contours ont à peine changé. Ainsi en est-il de la Dotation des équipements des territoires ruraux (DETR). Le volume
global a augmenté depuis plusieurs années mais les contraintes et les mécanismes d’influence ont fortement altéré le principe originel. Au point qu’une mission de la délégation aux collectivités territoriales de
l’Assemblée a bien été diligentée pour en dresser le bilan en précisant d’emblée : « il nous semble qu’il faudrait plus cibler les communes rurales ». Un euphémisme pour décrire une situation qui laisse voir selon
les départements des situations où l’outil a été utilisé à d’autres choses. Soit à financer des projets hors zones rurales, soit, ce qui est une tendance de fond, non pas à fertiliser les projets communaux mais souvent à compenser des actions où l’État s’est fait la belle. D’où l’importance, rappelée par les élus ruraux lors de la récente audition devant cette mission, de recentrer les financements sur les projets communaux voire intercommunaux. La DETR doit être considérée comme un élément d’un dossier d’investissement permettant la complémentarité des autres sources. Ainsi, à titre d’exemple, il convient de rendre effectif le cumul avec la
Dotation de soutien à l’investissement local (DSIL), légalement prévue mais parfois difficile à obtenir du fait de la gouvernance de la dotation aux mains des préfets. »
Cet article montre bien :
– que les dotations de l’État ne sont pas toujours adaptées aux besoins de la ruralité,
– que certaines sont parfois détournées de leurs destinations légitimes.
Il serait sans doute utile de saisir nos « grands élus » (députés, sénateurs) de cette question.

Start-up
Il y a quelques mois, je vous indiquais que j’avais fondé une start-up (« Lève-toi et marche ») destinée à recycler en vases de fleurs les pieds des abat-jours. Désireux de contribuer à la relance de l’économie, je viens d’en fonder une seconde. Vous savez que l’été, c’est la période des mouches. Si vous utilisez les attrape mouches torsadés qui retiennent prisonniers les dits insectes, vous aurez remarqué que, lorsqu’on les étire, ils ont tendance à se ré-entortiller, ce qui fait perdre de la surface utile.
Ma nouvelle start-up vous aidera à éviter l’entortillement. Si vous faites appel à son savoir-faire, vous obtiendrez un attrape-mouches parfaitement vertical, ce qui vous fera gagner, au minimum, 30 % de surface utile.
Comment ? C’est très simple. Il suffit d’insérer, en guise de contrepoids, un petit caillou de forme allongée dans l’étui de carton d’où sort la torsade. Il n’y aura plus d’entortillement.
À retenir : notre intervention pour l’insertion du contrepoids vous sera facturée 30 % moins cher si vous fournissez le caillou.

Plus jeune maire de France
« Un ardéchois de 19 ans, plus jeune maire de France.
A la veille de ses 19 ans, Hugo Biolley a été élu maire du village de Vinzieux (450 habitants), à l’unanimité, par les 11 membres du conseil municipal élu au 1er tour. »

A Mélagues, nous avons un maire adjoint de 22 ans. Notre conseil municipal conjugue donc la jeunesse, l’expérience, l’impartialité et le dévouement.

Courrier des lecteurs
Nous sommes très intéressés par vos réactions à notre journal. Quand nous en recevons, nous les lisons avec attention, et en faisons notre profit.
Nous avons reçu récemment un courrier de Jean-François Galliard, Président du Conseil Départemental. En voici le texte intégral.

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L’église de St Pierre des Cats
Nous attendions depuis quelques mois la réfection des vitraux de l’église de St Pierre des Cats, voilà qui est fait, et bien fait. Cette charmante église reçoit avec grâce les rayons du soleil radieux en ces journées d’été et
je ne résiste pas au plaisir de partager ces images avec vous.

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Un nouvel artisan dans la commune

Laurent SURROCA, serrurier-ferronnier, s’est installé à Mélagues pour exercer son art. L’atelier est situé à
l’entrée du village, ses coordonnées en première page des Nouvelles.

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ESPOIR D’UN ANGE

Sais-tu qui tu étais
Homme dans l’ombre d’un à peu près ?
Sûr de toi mais sûr de rien,
Pour les autres tout va bien.
Seul avec tout ce monde,
Où est l’entrée de la ronde ?
Comme un chat pattes de velours
Tu cherches le mot AMOUR.
Sais-tu qui tu étais
Homme dans l’ombre d’un à peu près ?
Rêvant au ciel et aux étoiles,
Découvrant la terre et ses scandales,
Tu veux la paix, ils te donnent la guerre,
Et, seul avec tes prières,
A genoux, les larmes aux yeux,
Tu voudrais parfois être deux.
Sais-tu qui tu étais
Homme dans l’ombre d’un à peu près ?
Un jour tu leur diras ta vérité,
Que seuls les anges peuvent s’envoler,
Que les cris de femmes et les pleurs d’enfants
N’ont jamais fait qu’un homme soit grand.
Étais-tu cet homme
Dans l’à peu près d’une ombre ?
Tu étais cet Ange
Venu des étoiles
Quand le ciel est orange
Et la lumière si pâle.
Laisse les hommes à leurs guerres,
Ils n’entendent pas tes prières …

Brigitte

Les Nouvelles d’AVRIL 2020

Hommage à Fernande SINGER
La triste nouvelle nous a atteints le lundi 13 avril en fin d’après-midi : après avoir combattu le virus avec tout son courage, pendant une quinzaine de jours, Fernande SINGER, maire d’Arnac sur-Dourdou, nous a quittés, victime de ce covid-19 qui s’est répandu sur toute la planète.
Les habitants d’Arnac ont conscience d’avoir perdu prématurément une maire expérimentée, qui avait su redonner à sa commune un élan de dynamisme et d’espoir. Brillamment réélue le 15 mars dernier, elle préparait de nouveaux projets, allant toujours dans le sens d’un développement raisonné de son territoire. Pour ma part, en tant que voisin et ami, je garderai le souvenir d’une
personne compétente, chaleureuse et disponible, aux convictions affirmée, qui tenait à préserver l’autonomie de sa commune, et à conforter ses moyens d’action.
Que son mari, Michel, sa famille et ses amis, ainsi que tous les habitants d’Arnac, soient assurés de la sympathie et de l’amitié de Mélagues et des Mélagais.
Jean Milési

Nous insérons, ci-après, un texte de Jean GARCIA, qui a très bien connu Fernande.
FERNANDE, notre amie. 15avril2020
Elle avait vingt ans dans les années soixante quand, suivant son frère, venu travailler avec moi à Dijon l’année précédente, elle embrassa ses parents et prit sa petite valise.
Elle répondait à ma proposition de l’engager comme dactylo pour seconder ma secrétaire, bien plus pour lui permettre de sortir d’un isolement que par réel besoin de son soutien, mais surtout pour accompagner son frère qui me paraissait bien seul dans le local au dessus de notre magasin.
L’automne en Bourgogne était bien plus froid que celui de son petit village d’Arnac, le matelas en paille sur le sol moins chaud que celui en laine de sa maison paternelle.
Nous nous sentions coupables, mon épouse et moi, d’avoir pris une initiative malheureuse.
Aussi nous l’invitions, comme pour nous faire pardonner, à partager nos repas et nos sorties du dimanche.
Mais cela ne dura qu’un temps car la jeunesse est un trésor et la nature une force.
Je découvris un jour qu’un grand garçon rôdait autour d’elle.
Son frère prévenu me fit un sourire entendu. Il savait que le dénommé Michel la courtisait.
Je compris que mon précédent souci d’avoir déterré de son milieu cette enfant était plutôt bienvenu.
Elle prépara durement, en bonne Aveyronnaise, son concours pour entrer à la Sécurité Sociale, qu’elle réussit brillamment. Et un long temps s’écoula ensuite entre nous quand je fus nommé à Marseille. Mais nous restions reliés par nos parents respectifs et nos séjours à La Mouline.
Son amoureux, Michel, était devenu son mari et ils avaient eu ensemble une adorable fille au joli nom de Muriel.
J’appris qu’elle avait demandé et obtenu sa mutation à Montpellier et que, cerise sur le gâteau, le couple avait décidé de construire une villa à Pérols, notre village. La vie nous réunissait.
Nous nous retrouvâmes souvent à La Mouline où, prenant sa retraite de l’administration,
Fernande et son mari décidèrent de s’installer afin d’aider leurs parents dans la vieillesse.
Armand, le père Caumette, mourut en 2004 et son épouse Denise atteignit les 106 ans.
Michel Singer, le Bourguignon, apprit beaucoup de son beau-père à tel point qu’il devint un connaisseur reconnu des lieux et du savoir-faire régional. Son épouse s’intéressa au devenir de la commune et, après un mandat de conseillère, elle en devint le maire. J’en devins électeur.
Native des lieux, elle se donna pleinement à la fonction en résolvant les questions qui lui semblaient prioritaires, comme l’alimentation en eau par exemple. Dans un deuxième temps elle tenta de sortir du cercle communal pour aller le défendre au niveau du groupement de communes, du département et de la région. Sage décision pour éviter l’oubli dans la répartition des subsides.
Lors des dernières élections, celles qui allaient précéder sa maladie, elle obtint une confirmation reconnue de sa compétence à la tête de la commune, élue au premier tour avec 87% des suffrages.
Le vendredi 20 mars dernier elle me disait, d’une faible voix, aller voir le docteur à Camarès.
Le lendemain j’appelais Michel qui me disait que cela n’était qu’un gros rhume, d’après le médecin.
Deux jours après, d’une triste et faible voix, il m’annonçait son transport à Montpellier.
Le lendemain c’était son gendre Hervé qu’il fallait emmener à Rodez.
Des mails et conversations tous les jours pour avoir des nouvelles, avec la famille, que l’on n’ose que très peu déranger, avec tous ceux qui la connaissent et qui attendent avec espoir.
Jusqu’à ce lundi de Pentecôte 19 h. Fernande est décédée.
Jean Garcia
LEXIQUE
Avec le virus, les média écrits et audiovisuels, relayant l’actualité et les déclarations gouvernementales, non sans y ajouter leur pesant grain de sel, nous ont saturés d’un vocabulaire tantôt inédit, tantôt revêtu d’un sens particulier, reflétant les marques distinctives de notre vie
quotidienne, La réflexion du sociologue et du sémiologue s’en trouve alimentée. Voici, classés par ordre alphabétique, quelques exemples de ce qui est devenu le langage commun de la période.
Balcons
Exutoires au confinement. Décors identiques en parallèle, superposés en suspensions sur les façades, où se développe un succédané de vie sociale, tous les soirs à vingt heures. A la fois par mimétisme et en substitut des journaux télévisés, qui répètent à satiété les mêmes discours
contradictoires. En France, on applaudit. En Italie, on chante, ce qui remplace avantageusement l’édition 2020 du concours Eurovision de la chanson. De la chanson anglaise, pourrait-on ajouter, puisque les trois-quarts des interprètes ont renoncé à chanter dans leur langue natale (y compris les Français, (horresco referens), préférant faire allégeance à l’idiome du premier pays qui a tourné le dos à l’Europe. Le snobisme serait-il devenu le substitut universel du patriotisme ? Comprenne qui pourra !
Les balcons sont, en quelque sorte, une revanche spontanée du sentiment populaire sur la pensée unique et la dictature de la mode.
Bergame, Bergamo
A 80 kilomètres de Milan, au pied des Alpes italiennes, cette ville de 120 000 habitants, proche de la station thermale de San Pellegrino, est, avec sa région, la villégiature préférée des Milanais, qui s’y rendent en toute saison (stations de ski). D’où sa contamination massive par le corona. Au surplus, déjà fortement contaminée par le virus du séparatisme, prônée par la Lega Nord
du bourrin néo-fasciste Salvini. C’est un exemple avéré de comorbidité !
Le dialecte de Bergamo est l’un des plus difficiles d’Italie, car très différent de l’italien. En voici un exemple :
italien il figlio la figlia i figli
bergamasque il touz la touza i touzech
Voir le film d’Ermanno OLMI, L’arbre aux sabots (L’albero degli zoccoli), dont la version originale est en bergamasque. Ce film illustre la vie quotidienne des paysans de la montagne (XIXème siècle), soumis au pouvoir absolu des propriétaires terriens.
Le pape Jean XXIII, issu d’une de ces familles paysannes, laborieuses et démunies, est originaire du petit village de Sotto il Monte (Sous la Montagne).
Les vallées alpines produisent un savoureux fromage de vache, très crémeux : il taleggio, qui commence à être vendu en France.
Une autre spécialité gastronomique de ces montagnes est la polenta ai usei (agli uccelli, aux oiseaux), devenue quasi introuvable, faute d’oiseaux (comme les ortolans de François Mitterrand).
Brexit
Pourquoi le premier ministre Boris Johnson a-t-il oublié de fermer sa frontière au coronavirus ?
Bruno Le Maire
Ministre de l’Économie issu de la droite, touché par une double grâce :
– celle du keynésianisme, qui prône la relance par la consommation, et pour cela, il faut distribuer du pouvoir d’achat,
– celle de la justice sociale : améliorer la situation financière des obscurs, des sans-grade, qui sont devenus, à ses yeux, les héros du quotidien. Ils l’étaient déjà depuis belle lurette, mais cela avait échappé au ministre (et à pas mal de ses collègues).
Cluster
Foyer de contamination de la langue française par le pidgin anglais.
Confinement
Je ne suis pas certain qu’il soit vraiment utile de relire Le Voyage autour de ma chambre, de Xavier de Maistre.
Pour ma part, je ne l’ai jamais lu. Je le garde en réserve pour la fin du troisième mois de confinement, si les librairies et bibliothèques ne sont toujours pas classées parmi les commerces de première nécessité.
Conseil Scientifique
Composé d’éminentes personnalités, dont la plupart ne sont pas virologues ni infectiologues, même pas médecins. Il a été, un temps, la véritable gouvernance du pays, sans justifier d’autre « légitimité » que de servir de parapluie (pour ne pas dire d’alibi) à un gouvernement indécis et déboussolé. Mais à tout prendre, l’hésitation du pouvoir politique est préférable à l’arrogance niaise des Trump, Bolsonaro et Boris Johnson, qui relève de la certitude obstinée des cancres, imbus d’eux-mêmes et dangereux pour autrui.
Covid-19
Alias Coronavirus. L’appellation scientifique, sous son allure neutre et son chiffrage, offre l’apparence rassurante d’un objet maîtrisé, rangé à sa juste place dans la catégorie dont il relève.
La dénomination Coronavirus est plus inquiétante. La couronne (corona) évoque un pouvoir sans frein, et renforce d’autant la menace exprimée par le mot virus.
Dates
15 mars : premier tour des municipales, maintenu avec l’accord du susdit conseil scientifique, et sous la pression des opposants politiques – sénateurs en tête -, avides d’engranger des résultats que les sondages leur prédisaient avantageux.
16 mars et jours suivants : levée de boucliers de toute l’opposition, aux cris de « ce premier tour, il fallait le reporter ». Changement de cap à 180°, du jour au lendemain, et démagogie éhontée.
Bien rares sont les politiciens à assumer leurs erreurs de jugement.
11 mai : le déconfinement ? Perspective très incertaine, diversement appréciée. Certains, dans l’opposition, ne craignent pas d’affirmer que si le gouvernement envisage de renvoyer les enfants à l’école, c’est pour que les parents retournent à l’usine. Car pour relancer l’économie, les
start-up risquent d’être quelque peu maigrelettes.
Déficit budgétaire
Comment ? Voulez-vous répéter la question ?
Distance sociale
Les évangiles nous disent : « Aimez-vous les uns les autres ».
Le gouvernement nous dit : « Ecartez-vous les uns des autres ».
A un mètre près, le virus te cueille ou t’évite.
On comprend très bien le conseil de rester à distance. Mais l’adjectif «sociale» est antinomique. La distance n’est pas « sociale ». Pas plus que les réseaux « sociaux »: hurlant avec les loups, claniques – mais certainement pas sociaux, dans le vrai sens du terme.
Europe
La belle endormie. A-t-elle existé un jour ? Existe-t-elle encore ? Nul ne sait sous quel horizon.
Gestes barrières
– se laver les mains : geste symbolique s’il en est ! Ne pas le prendre dans le sens de Ponce Pilate. Ici, il s’agit du sens concret
– solution hydro-alcoolique : contre la pandémie, la panacée ? Tout aussi efficace : de l’eau et du savon
– éviter de se toucher le visage : on pense à la phrase d’Albert Camus : « mais il y a toujours des mouches et des démangeaisons. C’est pourquoi la vie est si difficile à vivre » (La Peste).
Héros
Les soignants, bien sûr. Mais aussi les obscurs, les sans-grade qui assurent la continuité de notre vie quotidienne. Évitons la mise en scène de notre propre bienveillance, tel Giscard d’Estaing conviant les éboueurs à l’Élysée pour un petit déjeuner médiatisé, sans se préoccuper de leur salaire ni de leurs conditions de travail.
Humilité
Vertu tout récemment découverte par le président de la République. Peu commune parmi l’ « élite » qui nous gouverne. Elle a oublié que nous venons de la terre (humus) et que nous y retournerons.
Masques
Objets mythiques à performances variables dans le temps : d’abord inutiles, ils sont devenus indispensables. Mais à ce jour, ils restent quasi introuvables. De ce fait, Roselyne Bachelot prend place parmi les visionnaires incompris. Voir in fine l’article du Canard sur le Maroc.
Médias et réseaux « sociaux »
Amplificateurs et caisses de résonance de toutes les sottises, des rivalités intellectuelles et financières, des approximations et des mensonges. Que dirait Figaro, qui se plaignait, en son temps, des « sottises imprimées », s’il constatait les dégâts des sottises télévisées et connectées ?
Moi le premier
Décidément, le président veut toujours être en tête du cortège. Même quand il fait demi-tour.
Querelle
Il y a place, dans le monde médical, pour les spécialistes respectueux des protocoles codifiés, et pour leurs collègues plus aventureux, qui ne refusent pas de mettre à l’épreuve leur intuition. Ils devraient tous tomber d’accord sur ce qui est le premier précepte de la médecine :
primum non nocere (d’abord ne pas nuire). Beaucoup de vaccins doivent leur découverte à l’intuition des praticiens.
Rien ne sera plus comme avant
Cette mâle résolution appelle immédiatement, comme correctif, l’affirmation du prince Salina, dans le Guépard, de Tommasi di Lampedusa : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». On peut dire aussi, avec La Fontaine : « Chassez le naturel, il revient au galop ».
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L’exemple marocain
Il existe un pays à moins de deux heures
d’avion de Paris où le port du masque est obligatoire.
Et où les masques sont en vente dans les rayons de
tous les supermarchés pour la modique somme de 8
centimes d’euro. Un prix fixé par l’État. Non
seulement ce pays, le Maroc, a pu en équiper
pratiquement tous ses citoyens, mais il s’apprête
aussi à en exporter, à partir du 15 avril, vers d’autres
nations européennes et arabes.
Pour parvenir à cette autosuffisance, le
royaume chérifien a réussi à produire 5 millions de
masques quotidiennement au cours des derniers
jours. Un record battu par deux entreprises de
Casablanca et de Marrakech, qui ont été mobilisées
dès le début de la pandémie par le gouvernement de
Rabat. Et huit autres sociétés sont en train de se
convertir pour améliorer ce résultat. Faut-il préciser
que tous les agents des ministères de la Santé, de la
Défense et de l’Intérieur sont équipés de masques ?
Un exploit qui fait rêver, dans l’Hexagone…
Le gouvernement français a certes créé, au ministère
de l’Économie, une direction spéciale pour tenter de
rattraper le retard dû à la destruction des stocks de
masques en 2013, mais il suffit de comparer les
situations française et marocaine pour en conclure
que, question mobilisation industrielle, il y a des
leçons à prendre de l’autre côté de la Méditerranée.
Le Canard enchaîné, 15 avril 2020
….. Sans commentaires ….
Conclusion …provisoire
Il faut sortir de cette crise. L’heure n’est pas encore au bilan. Nous avons tous remarqué combien, au fil des semaines, sa gestion a été chaotique. Si, comme le dit la sagesse populaire, « gouverner, c’est prévoir », nous n’avons guère été gouvernés. La nation en a payé le prix : celui du sang et des larmes. Celui, peut-être aussi, de la perte du sens de l’humain, au nom d’une soumission
aveugle à la financiarisation du monde. Demain sera un autre jour. S’il reste, dans nos coeurs, une étincelle d’humanité, un soleil porteur de nouveaux espoirs illuminera nos pauvres vies. Il faut y croire, et y travailler.
Pansons nos plaies, et armons-nous de courage pour essayer, une fois de plus, de changer le monde !
Suggestions de lecture
Si le confinement vous pèse, je vous suggère trois romans, qui ne sont pas des nouveautés, mais qui sont autant de chefs-d’œuvre, chacun dans sa catégorie.
a) Jules VERNE, L’Étoile du Sud. On parle peu de cet ouvrage, mais il est à la hauteur des plus célèbres, tant pour le mouvement de l’intrigue que pour son originalité
b) Robert HEINLEIN, Une porte sur l’été. Ouvrage de science-fiction sur un thème qui nous intéresse tous : qui de nous n’a jamais rêvé de pouvoir revenir en arrière pour effacer une erreur qu’il a commise, et réorienter sa vie ? L’auteur est américain.
c) Alexis CURVERS, Tempo di Roma. L’auteur est belge. A mon avis, le roman est un des grands textes du XXème siècle. Il se situe entre Milan et Rome, juste après la victoire de 1945.
Débrouillardise, improvisation, passion amoureuse : l’Italie nouvelle est en train de naître.
Énigme du numéro précédent
L’autoroute est desservie par des bretelles, l’accordéon a pour nom familier le piano à
bretelles. Enfin, le délégué général de l’ANEM (élus de la montagne) s’appelle Pierre BRETEL.

Mon coeur a une âme
Que mon coeur est bien de ne penser qu’à toi,
Que mon âme heureuse se souvienne
La douceur de ta peau, la chaleur de tes bras,
Que ce bonheur unique revienne
Bercer encore et toujours
Mes nuits sans rêve et sans sommeil,
Et que je te voie, oh, mon amour
Toi, sans nul autre pareil
Sourire au bonheur d’un jour nouveau,
Chercher la vie tout en rêvant,
Lever tes bras encore plus haut,
Aimer la vie tout simplement.
Brigitte

La boucle du Berthalays

Cette belle promenade vous mène à travers des sentiers pittoresques du coin le plus au sud de l’Aveyron. En chemin, vous avez des vues magnifiques sur les Monts d’Orb. Admirez la chapelle St Maurice ; vous pouvez demander la clé à la ferme de Cartayrade.

Distance : 6,7 km

Durée au pied : 2 heures 30

Balisé : jaune, orange (partiel)

Départ/Arrivée : La chapelle St Maurice de Cartayrade

Garez votre voiture au-dessous la ferme et descendez jusqu’à la chapelle St Maurice. Tournez à gauche (suivez le balisage jaune) ; après environ 100 m prenez le chemin sur la droite. Après 300 m sur la gauche, caché entre les arbres, vous pouvez voir un ruine. Au croisement prenez à droite ; après 300 m sur la droite, cachée par les clématites une autre ruine.

Après quelques minutes empruntez une petite piste à droite : elle est assez raide ! Suivez les traits jaunes environ 1 km. Au bout de la piste il y a un poteau indicateur, tournez à gauche et suivez ce chemin de terre. A la barrière ne suivez pas le trait jaune (grande randonnée 20 km) mais montez sur la droite et continuez en suivant les traits oranges. Admirez le paysage et les panoramas magnifiques.

Au croisement prenez à droite et à 300 m passez la rivière à gué puis une grange vide. Après 400 m vous arrivez à la ferme ’Le Berthalays’ ; tournez à droite en épingle au 1er poteau indicateur, descendez 50 m jusqu’au 2e poteau indicateur et continuez légèrement sur votre gauche jusqu’au chemin entre les arbres à 100 m en suivant de nouveau le balisage jaune.

Au bout de la piste, tournez à gauche dans le chemin et après 50 m encore sur votre gauche jusqu’à la route goudronnée. A la route tournez à droite et continuez pour retrouver la chapelle.

plan-berthalays

La croix de Marcou

Distance : 4,5 km

Durée à pied : 2 heures

Balisage : jaune/rouge

Difficulté: difficile

Dénivelé : 250 m

Départ/Arrivée : Marcou (D52), à 6 km de Mélagues

Une promenade surprenante avec des vues dans toutes les directions ! Bien que le temps de marche soit court, il faut un randonneur expérimenté, le trajet est assez raide.

Garez la voiture aux maisons de Marcou. Empruntez la piste à côté des jeux d’enfants et suivez cette route pendant 900 mètres jusqu’au Col de Marcou, où plusieurs chemins se réunissent. marchez tout droit en suivant le panneau ’la croix de Marcou’ et suivez les traces jaunes.

Après 80 mètres, vous pouvez suivre les traces sur une montée très raide, en haut prenez à gauche (si vous suivez la route, vous arriverez au même point et ce sera moins raide). Suivez jusqu’à ce que vous atteignez le Col de la Bacoune, où sont des poteaux électriques. Continuez votre chemin, passez la barrière pour arriver sur les pentes de la montagne où vous voyez déjà la croix de Marcou.

Profitez de la belle vue dans toutes les directions ! Remarquez dans le Nord/Est le Mont Aigoual, dans le Sud la Méditerranée avec le Mont Saint-Clair de Sète, et dans le Sud/Ouest, vous avez une vue sur les Pyrénées. Ici on peut trouvez un géo-cache.

Suivez le marqueur jaune et descendez de l’autre côté par un chemin très raide plein de pierres. Vous regardez à votre gauche tout en dessous la ferme Marcounet. Après une descente difficile vers d’énormes rochers vous la marque “M avec une flèche vers la gauche”, peints en rouge sur une pierre au sol. Ne suivez plus le marqueur jaune ! Prenez ici le petit chemin qui mène à Marcounet, passez devant la maison et suivez le chemin large vers la droite, puis à gauche. Ignorez les traces jaunes, les poteaux verts et suivez la route qui mène à la D52 goudronnée. Tournez à gauche, montez pour retrouver, après 650 m, les maisons de Marcou.

plan-marcou

Le mirador et le lac de Rascas

Cette randonnée aventureuse vous offre des vues magnifiques sur les montagnes de l’Aveyron et de l’Hérault depuis le mirador de O.N.F. Vous passez à la maison forestière du Cayla et il faut chercher votre chemin au Lac de Rascas (réserve d’eau D.F.C.I.).

Distance : 11 km

Durée à pied : 4 heures

Balisé : orange/jaune (partiel)

Difficulté : difficile

Dénivelé : 650 m

Départ/Arrivée : la mairie de Mélagues

Départ de la mairie de Mélagues. Suivre le D52 au sud/est pendant 1 km. Après le pont en pierre, emprunter un sentier à droite qui descend au ruisseau le Thalis. Continuer et traverser le ruisseau par un petit pont en bois. Remonter au bord d’un petit ruisseau à sec, au bout prendre le chemin à droite ; au bifurcation prendre à gauche et atteindre la maison forestière du Cayla.

Vous pouvez vous désaltérer au robinet extérieur.

Après la maison tourner à gauche et continuer jusqu’à la bifurcation et emprunter le chemin à droite. Après 300 m tourner à gauche ; monter et prendre le premier chemin à droite. Au carrefour prendre le premier à droite et suivre ce chemin en ignorant les chemins à gauche, jusqu’au Mirador. Malheureusement il est en mauvais état. Réparation est prévu.

D’ici vous avez des vues magnifiques sur les montagnes de l’Aveyron et de l’Hérault.

Continuer, trouver votre chemin au Lac de Rascas en direction sud/est. Là-bas, suivre la rive gauche du lac et suivre le ruisseau de Rascas. A la bifurcation, tourner à droite et puis, après un petit km à gauche.

Tourner à droite et suivre les traces jaunes ; à la route goudronné prendre à droite, descendre jusqu’au D52 pour retrouver la mairie de Mélagues.

plan-mirador

L’Arboretum du Cayla

Admirer les belles vues sur les fermes de Mélagues pendant cette petite randonnée. Passer derrière la maison forestière. Visiter l’Artoretum, planté par les élèves du coin ! Retrouver Mélagues par le petit pont en bois.

Distance : 6 km

Durée à pied : 2 heures

Difficulté : facile

Balisé : jaune et bleu (partiel)

Dénivelé : 250 m

Départ/Arrivée : la mairie de Mélagues 

Départ de la mairie de Mélagues. Suivre la D52 au sud/est, jusqu’au pont sur le ruisseau le Thalis. Franchir le pont pour emprunter la route, balisée jaune. Laisser la Bonellerie à votre droite, continuer. Quitter la route au bout de 1 km 1/2 pour prendre à gauche en épingle une piste forestière en suivant les traces jaunes.

Après 500 m d’une montée légère, au carrefour prendre à gauche la piste, balisée bleu et suivre cette allée forestière pendant un quart d’heure.

Admirer la belle vue sur le hameau Les Planquettes de l’autre côté de la vallée, avant d’arriver à la maison forestière Le Cayla.

Vous pouvez vous désaltérer au robinet extérieur.

Passer derrière la maison, emprunter un sentier qui descend fortement. A la bifurcation prendre à droite. Au ruisseau, à sec l’été, le longer. Traverser le ruisseau le Thalis par un petit pont en bois et retrouver la route D52.

Tourner à gauche en descente et retrouver la mairie de Mélagues.

plan-cayla

La Tourelle

Dans les années 50 le quil (la tourelle) a été construite par le berger Léon Gastines, qui gardait le troupeau de brebis des Planquettes sur toute cette lande. Tout en surveillant son troupeau, pierre par pierre, au fur et à mesure, au fil des jours, des semaines la tourelle a pris forme, est devenue un joli petit monument.

Distance : 8 km

Durée à pied : 3 heures

Balisé : jaune, bleu (partiel)

Difficulté : difficile

Dénivelé : 420 m

Départ/Arrivée : la mairie de Mélagues

Départ de la mairie de Mélagues. Suivre la D52 au nord/ouest, à la vierge tourner à droite. Suivre les traces jaunes. Au poteau indicateur, prendre à droite (ne suivre pas les bleus !). Monter ce chemin des écoliers, suivre le petit ruisseau en amont. Après avoir fermé la barrière, remonter, traverser le forêt en face, vous trouverez le poteau indicateur, suivre les traces jaunes jusqu’aux les Planquettes. Traverser ce hameau ; à la route goudronnée prendre à droite, emprunter un chemin à gauche et monter en suivant les traces bleues.

Vous aurez une belle vue sur la ferme Méjanel, un peu plus loin sur la maison forestière du Cayla. Attention aux cultures ; refermer les clôtures s.v.p.

Après 1,6 km, prendre à gauche un chemin raide.

Au sommet, admirer la vue sur les Planquettes et plus loin Cayourtes.

Au sommet entrer dans les sapins à votre droite, atteindre la tourelle, ’le quil’. Reprendre le même chemin pour le retour. En bas sur la route, tourner à gauche. Au sommet, à l’embranchement du chemin, prendre à gauche en continuer tout droit.

Au lacet admirer la vue panoramique sur les montagnes de l’Hérault et le hameau de Serviès.

Arriver à la route goudronné, où vous retrouverez les traces jaunes ; là prendre à gauche. Un peu plus loin emprunter le sentier bordé de buis, qui descend. Bien suivre les traces jaunes, car le sentier n’est pas visible partout.

Arriver aux Planquettes par un sentier très joli. Descendre à gauche par la route goudronné. (Attention à ne pas remonter vers la tourelle !) En fin de parcours tourner à droite, retrouver la mairie de Mélagues.

plan-tourelle

Le ravin de Fanjaud

Randonnée agréable,admirer flore, faune remarquables au travers de chemins et sentiers montagnards, respirer la bonne odeur de ces plantes sauvages, qui parsèment le parcours.

Distance : 7,5 km

Durée à pied : 3 heures

Balisé : bleu

Difficulté : moyenne

Dénivelé : 300 m

Départ/Arrivée : la mairie de Mélagues

Départ de la mairie de Mélagues. Suivre la D52 au nord/ouest ; à la vierge tourner à droite. Suivre les traces bleues.

Après tourner à gauche, continuer sur ce sentier, appelé ’la Caral’, pendant 2 km ; à mi-chemin admirer la croix en fer à votre gauche.

A la bifurcation, prendre à gauche, continuer jusqu’à la ferme de Fanjaud, et prendre à gauche en suivant les traces bleues. Entrer dans la ferme, monter jusqu’à la dernière maison d’habitation que vous laisserez à votre gauche ; continuer sur le chemin, prendre ensuite le chemin qui oblique à gauche et descendre jusqu’au ravin de Fanjaud. Après une demi-heure de descente raide arriver à la rivière Nuéjouls, à sec l’été. remonter à la D52 qui vous ramènera à Mélagues en la prenant à gauche.

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La Vayssède et le gué du Thalis

Petite randonnée facile, permettant d’admirer les environs de Mélagues dans un cadre sauvage et rupestre. Passer à la ferme de la Vayssède, retrouver le village en passant à gué le confluent Thalis Nuéjouls.

Distance : 5 km

Durée à pied : 1 h 30

Balisé : rouge et jaune (partiel)

Difficulté : facile

Dénivelé : 206 m

Départ/Arrivée : la mairie de Mélagues

Départ de la mairie de Mélagues. Suivre la D52 au sud/est, jusqu’au pont sur le ruisseau le Thalis. Prendre à droite, franchir le pont pour emprunter la route, balisée jaune. Laisser la Bonellerie à votre droite et continuer.

A 400 m prendre à droite une piste ’le chemin de Noël’. Suivre les traces bleues. Arriver à la Nuéjouls (souvent à sec), la suivre en longeant le champ. Attention aux cultures !

A la passerelle prendre à droite, monter jusqu’à la ferme la Vayssède. Traverser la ferme sur la droite, prendre le chemin près du chenil. Au champ, emprunter à droite le chemin bordé de buis, qui descend assez rapidement vers le confluent des deux rivières (Thalis-Nuéjouls).

Le gué est souvent franchissable sans se déchausser.

Remonter vers la route de Mélagues, la prendre à droite. Dans 600 m retrouver la mairie de Mélagues.

plan-vayssede

La basse-cour de mon cousin

Tsipras et Varoufakis, août 2015

Autorisons-nous un peu d’ironie, inspirée (de loin !) par l’actualité. Dans sa basse-cour, mon cousin possède une vingtaine de poules, gouvernée par deux coqs issus de la même couvée, et qui, par conséquent, devraient être de force égale. Mais ce n’est pas le cas. Leur seule différence physique, c’est que l’un (appelons-le Tsipras) possède un superbe panache caudal, alors que l’autre (disons Varoufakis) a perdu la plupart des plumes de sa queue, et elles ne repoussent pas. Ils poursuivent, l’un et l’autre, de leurs assiduités, une poule grise bien en chair (appelons-la madame Merkel). Mais celle-ci ne se soumet qu’au plus fort.

Voici comment se déroule, invariablement, la scène. Varoufakis, qui a peur de Tsipras, profite que ce dernier est à l’autre bout de l’enclos pour se mettre à la poursuite de madame Merkel. Mais celle-ci lui fait faire deux ou trois fois le tour de l’enclos, avant que Varoufakis la rejoigne, et lui grimpe sur le dos. Les choses n’en restent pas là : car Tsipras, même de loin, a l’oeil ! Dès que Varoufakis est sur le dos de la poule grise, Tsipras lui saute dessus. Varoufakis prend la fuite, tout ébouriffé, tandis que Tsipras occupe sa place sur le dos de Mme Merkel, et lui fait son affaire ! La chose en est venue à un tel point qu’elle se reproduit, désormais, avec n’importe quelle poule. Pas étonnant que le cocorico de Varoufakis (car il veut sauver la face !) soit si rauque, si étranglé ! Mais, comme écrivait La Fontaine, “Je me sers d’animaux pour instruire les hommes”.

Car cette même scène, on peut la voir, le samedi soir, en discothèque, jouée par des acteurs humains. Faut-il en déduire que leur intelligence, une fois alcoolisée, équivaut à celle des gallinacés ?

varoufakis

  Varoufakis

 

Tsipras et Varoufakis, janvier 2016

Il y a quelques mois, je m’étais évertué à vous décrire la rivalité des deux coqs de mon cousin, Tsipras et Varoufakis. Plus richement emplumé, Tsipras régnait sans partage sur la basse-cour ; quant au pauvre Varoufakis, du plus loin qu’il apercevait le jabot flamboyant de Sa Majesté du moment, il s’enfuyait à toutes pattes, au grand dam de sa conquête qu’il laissait en plan, abandonnée “invitus invitam” (2) à l’étreinte furieuse de son concurrent endiablé.

Eh bien, c’est un véritable coup d’État qui s’est produit dans la “gouvernance” de la basse-cour. J’ignore pourquoi et comment. Aucune Cour ne m’a appelé à témoigner. Toujours est-il qu’à présent, c’est Varoufakis le nouveau maître : car du plus loin qu’il l’aperçoit, Tsipras s’enfuit à son approche. Varoufakis, impitoyable, le poursuit de sa rancune jusqu’à l’isoler de toutes les poules, qu’apparemment il se réserve sans partage, histoire de se rattraper de ses pitoyables débuts.

“Je me sers d’animaux pour instruire les hommes”, disait ce bon La Fontaine. Jetons un œil sur les combats politiciens qui se profilent, et osons la comparaison.

Tsipras, avec son arrogance, sa suffisance, évoque irrésistiblement Sarkozy, sa jactance, son côté “bling bling”. Varoufakis, devenu solide comme un roc (ou comme un coq), avec son jabot terne, dépeigné, voire même un peu écrêté, n’est pas sans évoquer Juppé. Et dame Merkel, pour sa part, de son regard de côté, semble dire : “Après tout, que le meilleur gagne ! Pour ce que ça nous changera…” Honni soit qui mal y pense !

 

Nouvelles de la (basse)-Cour, février 2016

Récemment, je vous ai conté la “révolution de palais” qui a eu pour conséquence la victoire de VAROUFAKIS sur TSIPRAS, et les courses éperdues de celui-ci, ayant abdiqué toute superbe, pour éviter les coups de bec du rival, vainqueur et revanchard. Comment l’intelligence vient aux gallinacés, je l’ignore, mais elle finit par venir. Lassés, sans doute, de ces vaines poursuites le long des grillages de l’enclos, qui avaient pour seul résultat d’affermir leur musculature, au point que nul gourmet n’aurait apprécié la chair trop ferme de leurs cuisses, même longuement macérée dans un vieux bourgogne – coq de combat ou coq au vin, telle est la question -, ils ont sagement résolu de se partager l’espace, et les faveurs de leurs houris. A condition, toutefois, de rester à distance l’un de l’autre : l’armistice n’est pas la paix ! Si, d’aventure, VAROUFAKIS s’approche, TSIPRAS s’éloigne prudemment, et s’en va chanter plus loin … un chant qui signifie, sans doute : “c’est toujours moi le meilleur !” En vain : même madame MERKEL n’y prête la moindre attention. Au fond, on dirait des consuls de Rome, lesquels, en théorie, exerçaient un pouvoir égal, mais dont l’un, en fait, éclipsait toujours l’autre. Alors, ils gouvernaient un jour chacun. L’exemple le plus fameux est celui de CESAR – oui, le grand JULES, qui fut aussi consul – et d’un certain BIBULUS, dont la seule notoriété est d’avoir partagé le pouvoir avec CESAR. Ce dernier, par opportunité politique, représentait les POPULARES (1), l’équivalent du parti de MELENCHON ; et BIBULUS avait été envoyé au casse-pipe par les OPTIMATES (1) – les Sarkozystes de l’époque, villas du Cap Nègre et bling-bling inclus -, peu soucieux d’exposer leur “ténors” à la vengeance de CESAR, dont les armées entouraient ROME. Aussi, quand c’était son jour de gouverner, pour entraver les propositions de CESAR tout en limitant les dégâts, BIBULUS se contentait de dire : “Alio die” (2) ? (Ne nous moquons pas : nos politiciens d’aujourd’hui formeraient une commission). Quant à TSIPRAS, il se retire dignement sur son AVENTIN, (3) en claironnant, de loin, bien planté sur ses ergots, qu’il reste le plus fort. Décidément, “nihil novi sub sole !” (4)

(1) POPULARES : “les populaires”, s’appuyant sur le peuple (y compris la populace) pour asseoir leur ambition OPTIMATES : “les excellents”, issus des vieilles et riches familles de ROME, soucieux de préserver leur suprématie Pas de BAYROU à Rome : la classe moyenne (les centristes) y est quasi inexistante

(2) alio die : un autre jour il fallait prendre les auspices avant toute décision, et il était facile de soudoyer un prêtre pour qu’il trouve des anomalies dans les entrailles des oiseaux du sacrifice. La superstition des Romains bloquait alors toute action, et les politiciens en jouaient constamment

(3) L’AVENTIN : colline de ROME où se retirait la plèbe mécontente (4) nihil novi sub sole : rien de nouveau sous le soleil

 

La liberté, mars 2016

“J’ai choisi la liberté” Ce récit de Svetlana Alliluïeva (la fille de Staline, émigrée aux U.S.A.), je suis à peu près sûr que les poules de mon cousin ne l’ont pas lu. Mais il en est une, une noire aventureuse, qui n’a rien de plus pressé, au sortir du poulailler, que de sauter pardessus la clôture, et d’aller picorer en liberté. “Plus loin, l’herbe est plus verte”. Et il est vrai qu’elle se régale : à l’abri des séductions concurrentes de Tsipras et Varoufakis, elle n’a d’autre souci que de se remplir le jabot : herbes sauvages, petits escargots jaunes, parfois un insecte malhabile ou handicapé (tel un mille-pattes qui aurait une jambe de bois). D’ordinaire, elle est seule à voler par-dessus le grillage. L’autre jour, plus persuasive que la chèvre de monsieur Seguin, elle avait entraîné une copine. Mais sans lendemain. Ici, il n’y a pas de loup. Pas encore ! Mais gare : le goupil, efflanqué par l’hiver, observe.

Quand ses petits sortiront de leur abri, réclamant leur pitance, l’aventure de la poule solitaire pourrait connaître une triste fin. Il est vrai que la liberté n’a pas de prix !

tsipras

 

Sic transit…

“Encore les Gallinacés !” Les Communes qui ont décidé de les utiliser pour éliminer leurs déchets consommables pourraient aussi, dans leur observation, trouver matière à réflexion !

C’est mon cas. Souvent, j’observe Tsipras, l’ancien sultan de la basse-cour de mon cousin, totalement dépouillé de son pouvoir (peut-être, du temps de sa splendeur, en avait-il abusé !). Toujours est-il qu’aujourd’hui, il se tient à l’écart, complètement solitaire, alors que Varoufakis caquette bruyamment, faisant l’important, comme si c’était grâce à lui que les poules pouvaient se régaler des croûtons de pain que je leur jette.

Celles-ci, d’ailleurs, ne sont pas des plus partageuses. A croire que le seul socialisme qu’elles pratiquent, c’est celui qu’on appelle, dans le sud-ouest, le “socialisme carmausin” (tout pour moi, rien pour le voisin) ! Car leurs becs acérés sont des harpons efficaces pour arracher la nourriture à l’imprévoyance de leurs voisines.

Tsipras, cependant, n’a pas abdiqué toute prétention conquérante. Je le voyais, l’autre jour, s’approcher en catimini d’une poulette un peu à l’écart pour mieux protéger son morceau de pain. Arrivé près de la poule, sans préliminaires, il se jette sur son dos et lui fait son affaire, sans que celle-ci fasse mine de s’en apercevoir. Lui qui avait régenté son harem tel le roi d’Arabie, le voir dérober un peu d’amour à une coquette indifférente et gourmande, quelle déchéance ! On comprend mieux Alceste (1), et son dépit amoureux !

(1) Alceste : héros du Misanthrope, de Molière.

 

Approches diplomatiques… mai 2016

Tsipras, l’ex-sultan de la basse-cour, ayant, semble-t-il, terminé son carême, donne l’impression de reprendre, si j’ose dire, “du poil de la bête” (d’où l’expression “avoir du poil aux pattes” ?). Toujours est-il, quoiqu’il reste marginalisé, qu’on le voit fréquemment se rapprocher d’une superbe poule blanche, bien en chair, telle la Pompadour au faîte de son charme. Cette fréquentation semble l’emplir de courage, car, même s’il reste, pour l’instant, dans les contre-allées de la basse-cour, il ne fuit plus systématiquement l’approche de Varoufakis. En stratège expérimenté, utiliserait-il l’élément féminin comme bouclier ?

…ou préparation d’un putsch ?

Ou alors, les frémissements discrets, les obscurs froissements d’ailes ne laisseraient-ils pas présager autre chose ? Et si Tsipras, profitant de l’excès de confiance de Varoufakis, amolli par l’abus des “délices de Marcou”(1), préparait un coup d’État pour reprendre le contrôle de la basse-cour ? C’est madame Merkel qui en ferait une tête : elle, dont la diplomatie est tant vantée, en aurait bien manqué en négligeant d’observer les indices du changement… Mais attendons de voir : demain est un autre jour !

(1) par imitation, à une autre échelle, des “délices de Capoue”, responsables de l’amollissement des farouches guerriers d’Hannibal.

 

La basse-cour : vers un partage du pouvoir ? juin 2016

En tous lieux et en tous domaines, l’heure est à la controverse, et aux décisions contestées, même si elles sont parfaitement légitimes, et largement majoritaires. Ce reflux de la tolérance démocratique est une marque du déclin de nos valeurs, qui fragilise notre société. Faudra-t-il aller chercher un modèle social parmi les gallinacés ? Ceux-ci deviendraient-ils plus “sages” que les hommes ?

Toujours est-il que la guerre semble s’apaiser entre Varoufakis et Tsipras. Ce dernier ose maintenant s’aventurer au milieu de la basse-cour. Un certain nombre de poules n’hésitent plus à l’approcher. Il en a même retrouvé sa voix : après plusieurs semaines de solitude et de silence, il coquerique de plus belle, mêlant le temps des coquelicots, qu’évoque sa collerette mordorée, à celui des cocoricos.

L’autre jour, j’ai assisté à un scène inédite. Je venais, comme d’habitude, d’alimenter les poules du haut de mon balcon. Tsipras était présent à la distribution. Varoufakis, comme une flèche, accourt de l’extrémité de l’enclos. Arrivé à la hauteur de Tsipras, sans arrêter sa course, il lui jette un coup d’oeil oblique, et décide que le plus urgent, c’est de s’approcher de la pitance. Et le voilà qui, comme d’habitude, appelle ses poules pour leur partager l’aubaine. Je l’observe et l’écoute du haut de mon balcon. Je l’entends qui semble leur dire :“Vous voyez ! Tout ce qui vous tombe du ciel, c’est grâce à moi que vous l’avez !” Et il ponctue sa proclamation en jetant au balcon un coup d’oeil oblique, comme s’il regardait le ciel. Décidément, on n’a que les ciels qu’on mérite !

Varoufakis est un grand communicateur. Tsipras, lui – est-ce dû à son jabot mordoré ? – la joue davantage en majesté. Il lui arrive même de se percher sur une patte, et de rester là, immobile, comme s’il prenait la pose pour un photographe d’art ou un sculpteur. Les gallinacés, eux aussi, rêveraient-ils d’éternité ?

La page sportive, juillet 2016

Je ne sais pas s’il existe une étude sur la musculature des gélines. En tout cas, lorsque j’observe la basse-cour qui m’est familière, je me dis que les muscles ne sont pas sans rapport avec la couleur du plumage. Quand je leur jette à manger du haut de mon balcon, les premières accourues sont les noires : lisses, effilées, elles enfournent, à grandes becquées rapides, tout ce qui leur tombe d’en haut. De bonnes pondeuses, sans doute, mais pas les meilleures à mettre au pot. Ensuite arrivent les rouges, qui ont toutes perdu leurs plumes sur le dos : les houris préférées des coqs, à cause de leur plumage de feu ? Enfin voici les blanches, majestueuses, empesées, picorant lentement, avec la gourmandise sélective des gourmets, dodues, bien en chair : sans doute les plus appropriées pour devenir les “poules farcies” de la gastronomie aveyronnaise, ou bien pour baigner, à petit feu, promettant de royales succulences, dans une cassole frémissante d’un bourgogne de dix ans d’âge !

Comme toujours, omniprésent mais inutile, Varoufakis fait son ramdam. Il mange peu, en fin de compte : vivrait-il d’amour et de l’air du temps ?

Jean MILESI

La grotte ‘l’Aven des Perles’

Le trésor de Mélagues : L’aven des perles ou « Balme del pastre » grotte Par Claude BOU Située dans les zones karstiques des calcaires cambriens (Paléozoïque) de la Montagne Noire, la grotte s’ouvre dans un ravin situé au sud du Mont Marcou, sur la commune de Mélagues. Elle a été découverte en février 1977 par les spéléologues de la Section des Cadets de Brassac (Tarn) qui prospectaient dans la zone des pertes du ruisseau de Nuéjouls, affluent du Dourdou (bassin Tarn-Garonne). L’orifice s’ouvre en bordure d’une doline située à proximité de la route. La cavité actuellement explorée présente des dimensions modestes : un dénivelé de 75 m pour un développement n’excédant pas 500 m. Nous n’en dirons pas sur sa situation exacte, de toute manière l’entrée en est consciencieusement fermée et cachée pour des raisons de sécurité mais surtout de confidentialité en raison de sa valeur.

En effet, rapidement explorée et protégée par une fermeture métallique, la cavité livrait une quantité exceptionnelle de « perles des cavernes » dispersées dans un ensemble de grandes salles situées sous la doline. Elles y sont toutes, pas une ne manque depuis 1977. La variété des dimensions (5 à 60 mm), des formes (sphères, toupies), dispositions isolées, dans une alvéole, en nids ou en nappes, constituent un ensemble en cours de concrétionnement. Ces concrétions sont des pisolites : elles sont fréquentes dans les cavités de la zone de percolation (infiltration) des systèmes karstiques où la calcite précipite autour d’un noyau (gravier, grain de sable ou fragment de concrétion brisée) en formant des couches concentriques aboutissant à des boules ou des cylindres.

Elles évoluent librement vers la forme sphérique par une agitation liée à l’énergie des gouttes d’eau tombant dans les flaques saturées : le mouvement vertical de l’eau est transformé en rotation avec dépôt de calcite en pellicule uniforme dans les sphères ou latérale dans les toupies qui limitent leur rotation autour d’un axe. Expliqué plus poétiquement, la grotte fait sa perle à partir d’un grain de sable – de la même manière que l’huître – que l’eau in filtrée tombant du plafond enveloppe peu à peu de dépôts provenant des matières minérales qui la composent. La perle tourne sur elle-même à chaque goutte et forme ainsi ses rondeurs. La présence des perles est limitée dans la zone d’infiltration rapide de la cavité, dans les grandes salles situées 30 à 40 m sous la doline. Ces salles présentent également de grandes coulées et massifs stalagmitiques, des gours et planchers. Un ensemble de puits donne accès au réseau actif présentant des diaclases noyées à – 70 m. Ce niveau correspond à celui des pertes voisines du ruisseau de Nuéjouls dont les eaux sont capturées par la structure carbonatée de l’écaille tectonique de Mélagues.

L’émergence principale est actuellement immergée dans le barrage d’Avène (résurgence des Douzes) dans la vallée de l’Orb. Elle constitue un remarquable exemple de capture des eaux du bassin atlantique vers la Méditerranée. La cavité a été protégée pendant 25 ans par la discrétion des découvreurs qui ont toutefois assuré bénévolement et sans restriction l’accompagnement des visites des spéléologues désirant réaliser des photographies.

La parfaite conservation du site était maintenue par le nombre limité de visites et par la présence den sable dolomitique autour des planchers stalagmitiques. Un balisage succinct évitait les zones argileuses et les surfaces présentant un intérêt minéralogique. Afin d’assurer la pérennité de sa conservation, l’aven des Perles a fait l’objet d’un classement au titre de site naturel par arrêté ministériel du 26 avril 2002 en attendant sa probable et prochaine inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO. L’arrêté préfectoral d’application n° 2002-255-2 du 12 septembre 2002 fixe les conditions de la conservation du site souterrain. Les visites sont limitées à 6 par an, avec au maximum 10 participants, accompagnés par deux membres du groupe découvreur agrée par la commission préfectorale de gestion. Les demandes d’autorisation de visite sont adressées à la Mairie de Mélagues.

Monuments

Croix très ancienne
croixMagnifique croix de pierre dont on ne connaît pas l’histoire exacte, sinon qu’elle est datée de 1621. Nos grands-parents disaient qu’elle était déjà implantée dans l’ancien cimetière qui est devenu aujourd’hui le parvis de l’église.

Croix =
Identification du Christ cloué vivant entre ciel et terre ; elle rappelle le crucifié.
C’est le témoin de la souffrance. Mais…sur l’honneur de la croix passe le Pardon l’Espérance pour l’Homme.
La Croix est féconde, La Croix est promesse de Résurrection, de vie. Par la croix, la mort se trouve anéantie. Dans le Christ, c’est la victoire de la vie sur le règne cosmique de la mort.

La croix est plus qu’un symbole…. la croix est Témoin.
A tous nos carrefours, places, croisées des chemins, elle est le repère moral de l’Humanité souffrante et de la Chrétienté.

La boucle du Mont Méla

Cette petite randonnée variée vous offre des belles vues sur les montagnes autour de Mélagues. Vous montez par la Caral, passez par les fermes de Cayourtes et des Planquettes et retrouvez Mélagues par le sentier que les enfants empruntaient dans le passé pour aller à l’école.

Distance : 5 km

Durée à pied : 2 heures

Difficulté : facile

Dénivelé : 221 m

Départ/Arrivée : la mairie de Mélagues

Départ de la mairie de Mélagues. Suivre la D52 au nord/ouest, après la vierge tourner à droite. Suivre les traces bleues. Après tourner à gauche, continuer sur ce sentier, appelé “la Caral”, pendant 2 km ; à mi-chemin admirer la croix en fer à votre gauche.

A la bifurcation, tourner à droite en quittant le balisage bleu. Laisser les maisons de Cayourtes à votre gauche et continuer. Traverser le ravin de Cayourtes et le ruisseau des Fragues.

Après 2 km arriver aux Planquettes-hautes ; à la bifurcation, tourner à droite. Aux Planquettes, tourner à droite et traverser ce petit hameau. Suivre les marques jaunes pour redescendre à Mélagues. Dès que vous aurez trouvé le petit ruisseau suivez-le et poursuivez par le sentier des écoliers.

Rester à gauche et retrouver la mairie de Mélagues.

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Point de vue Marcou

Un balcon sur la mer.

D’un pas léger, toujours égal, en bout de côte le promeneur sortant, au col de Thalis est ébloui ; le soleil inonde le plateau… La petite route en lacets l’entraîne alors vers Marcou : ferme accrochée, levée au creux de la montagne qui semble la protéger, véritable terrasse dans la nature…

Le promeneur se délecte : le regard ravi embrasse le tableau naturel qui lui est offert, partant à l’Est du Mont Aigoual… en large éventail, suivant au Sud la ligne scintillante de la Méditerranée, floue, brumeuse par temps chaud, sec… bleu azur par temps clair, presque bleu marine la vieille de jours pluvieux : véritable baromètre…! Lorsque la nuit tombe, apparaît l’étalement de lamparos des chalutiers s’élançant vers leur lieu de pêche ; le phare d’Agde clignotant, le Mont Saint-Clair où reposent Paul Valéry et Brassens notre chanteur poète…

Le regard posé sur ce grand livré ouvert se heurte alors à l’Ouest sur le Mont d’Espinouse dont la ligne si droite remonte de l’Hérault vers le Tarn…

Cadre haut en couleurs, si beau, si riche, nature splendide, magnifique horizon extrême et sans fond !

Histoire

On peut considérer que Mélagues connaît son apogée durant le XIXème siècle. A l’époque, la commune englobait les villages de Tauriac et Arnac séparés en 1872 et comptait environ 2000 habitants.

melagues-passage-du-boucher Les commerces foisonnaient également avec pas moins de trois hôtels-restaurants, deux laiteries mais aussi des commerçants ambulants (deux épiciers, un boucher, deux boulangers et un marchand de fruits et légumes). La commune avait son propre prêtre qui dirigeait les offices ainsi qu’une école avec une classe de garçons et une de filles. La fonction religieuse rythmait la vie du village, notamment avec la messe du dimanche.
Les exploitations agricoles étaient environ au nombre de trente. Elles étaient assez petites et pouvaient s’étendre sur une dizaine d’hectares avec un petit troupeau de brebis, un lopin de terre, un jardin potager auxquels venaient s’annexer les terrains communaux.

Les machines agricoles étaient encore rudimentaires. On utilisait la faux pour le melagues-ramassage-du-foin-a-la-fourchefoin, la faucille pour les céréales et on battait le grain avec un fléau. Les travaux étaient assistés par un attelage de bœufs ou de vaches. Par exemple, la ferme de Marcou était considérée comme relativement grande puisqu’elle s’étendait sur une trentaine d’hectares, sans compter les terrains communaux et le bois. De plus, elle comptait un troupeau de vaches, et un de brebis, autre preuve de richesse.

Pour les travaux exigeant une importante main d’œuvre comme la fenaison ou le battage, on faisait appel à des journaliers qui venaient de petits villages du nord de l’Hérault. On les payait rarement en argent. En échange de leur travail, ils se voyaient offrir quelques sacs de blé ou de pommes de terre.

Cette économie de troc avec l’Hérault s’effectuait aussi pour les produits agricoles de la montagne que l’on échangeait contre le vin ou le charbon du bassin houiller de Graissessac. En effet, les rapports marchands étaient beaucoup moins fréquents qu’aujourd’hui.